
Des pourparlers directs entre Israël et le Liban se sont tenus à Washington pour la première fois depuis des décennies. La rencontre a duré environ deux heures et, selon les représentants présents, a dégagé un « excellent échange »—mais elle laisse déjà des lignes rouges dessinées.
La rencontre entre les ambassadeurs d’Israël et du Liban à Washington s’est achevée après environ deux heures de discussions. « Il est certain que nous ne voulons pas voir les Français s’immiscer dans ces négociations », a lancé l’ambassadeur israélien aux États‑Unis, Yechiel Leiter, ajoutant : « Nous aimerions garder les Français aussi loin que possible de pratiquement tout, mais surtout lorsqu’il s’agit de négociations de paix. »
Le Hezbollah, exclu et opposé à ces discussions, avait rejeté la tenue de pourparlers avant même leur ouverture. Malgré l’absence du mouvement chiite, Israël a résumé la rencontre en soulignant que les deux États étaient « du même côté » sur certains points, ouvrant une fenêtre fragile vers la désescalade.
Pendant que diplomates et ambassadeurs parlaient à Washington, la mer s’anime ailleurs. Au moins deux navires en provenance d’Iran ont traversé le détroit d’Ormuz lundi, d’après la société de données maritimes Kpler, défiant un blocus naval imposé par les États‑Unis. L’armée américaine, elle, affirme avoir empêché six navires de quitter les ports iraniens depuis le début du blocus et mobilise plus de 10 000 soldats, une dizaine de bâtiments de guerre et des dizaines d’avions pour surveiller la zone.
Sur le plan stratégique, la situation reste explosive. Après l’échec d’un premier cycle de discussions américano‑iraniens, Donald Trump a évoqué la possibilité d’une seconde session « au Pakistan au cours des deux prochains jours ». De son côté, le secrétaire général de l’ONU, António Guterres, a appelé à la reprise de « négociations sérieuses » pour mettre un terme à une guerre qui, selon lui, « n’a pas de solution militaire ». Les conséquences économiques ne se font pas attendre : le FMI a révisé à la baisse sa prévision de croissance mondiale pour 2026, la ramenant à 3,1 % en raison des effets de la guerre.
À Paris, Emmanuel Macron a convoqué un conseil de défense et de sécurité nationale mercredi à 11 heures. Le président français coprésidera vendredi, avec le premier ministre britannique Keir Starmer, une visioconférence des pays « non belligérants » prêts à participer à une mission « purement défensive » pour restaurer la liberté de navigation dans le détroit d’Ormuz. L’Élysée précise que cette initiative est distincte des efforts américains et qu’elle interviendra « lorsque les conditions de sécurité le permettront ». La France et le Royaume‑Uni assurent avoir déjà entamé les travaux de planification avec des pays volontaires.