
Le juge de l’Audiencia Nacional José Luis Calama a refusé de reporter l’audition de l’ex‑président du gouvernement José Luis Rodríguez Zapatero au sujet des bijoux retrouvés dans le coffre de son bureau de la rue Ferraz. Zapatero devra donc répondre, comme prévu, au volet ouvert de l’enquête lors de sa comparution liée à l’affaire Plus Ultra les 17 et 18 juin.
Calama motive sa décision par une logique simple et sèche: la création d’une «pièce séparée» le 12 juin n’introduit rien de nouveau sur le fond de l’affaire. L’intervention des objets le 19 mai et la première expertise d’Ansorena figuraient déjà dans la procédure principale, selon le magistrat, qui juge qu’il n’y a «aucune perte réelle» pour le droit de la défense. Dans un auto daté du lundi 16 juin, il estime que la nouvelle instruction ne fait qu’ordonner procéduralement des éléments déjà connus.
Le coffre du bureau de Ferraz n°35 (1er étage, gauche) avait été perquisitionné après autorisation le 18 mai, et la saisie exécutée le 19 mai; les pièces saisies sont référencées comme documents 41 à 56 dans l’acte. Le 3 juin, Calama a ordonné une analyse préliminaire — nature, authenticité, valeur économique, fabricant, époque — menée par Ansorena avec documentation de la UDEF pour préserver la chaîne de garde. L’expertise d’Ansorena, transmise au juge le 11 juin, a fixé la «valoración estimée de marché en reposición» à 1 323 915 euros.
Le juge a ouvert la pièce séparée à partir de cette estimation pour vérifier si la détention de cet ensemble — 103 pièces de joaillerie et d’horlogerie selon la UDEF — peut revêtir une qualification pénale: délit fiscal ou contrebande, le «origine» des bijoux n’étant pas justifiée pour l’heure. «La saisie des effets de valeur et leur possible répercussion fiscale ont eu lieu le 19 mai et figurent dans l’instruction depuis cette date», écrit Calama, qui en conclut que ces faits étaient «pleinement connus ou accessibles» à la défense.
La défense de José Luis Rodríguez Zapatero demandait un délai pour rassembler preuves de provenance, préparer une expertise indépendante et documenter d’éventuels dons ou héritages familiaux invoqués par l’entourage de l’ancien chef de l’exécutif. Calama récuse cette demande: il reproche aux avocats de ne pas expliquer «quelle information pertinente ils ignorent» ni quel empêchement réel les prive de préparer la défense sur des faits déjà consignés. Pour le juge, la pièce n’«altère pas l’objet factuel» ni n’introduit d’éléments surprises qui justifieraient un report.
Le calendrier reste donc serré: audition de Zapatero les 17 et 18 juin dans le cadre du dossier principal Plus Ultra, avec la pièce séparée sur les bijoux déjà intégrée au dossier. Le magistrat insiste pour que la procédure avance sans nouveaux délais.