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Junts répond à la pression de Sumar : « non » au décret sur les loyers

Dirigeants de Junts en conférence de presse, micros devant eux, drapeaux catalans en arrière-plan

Turull résume le tournant idéologique de Junts

«Il y a des communautés qui peuvent se permettre des choses grâce à la solidarité imposée aux Catalans — ici, nous ne le pouvons pas.» Jordi Turull a choisi cette phrase pour résumer ce qu’il présente comme le retour de Junts aux thèmes de Convergència: sentiment d’injustice territoriale, critique de la pression fiscale et défense acharnée de la propriété.

Refus de Junts d’appuyer la prorogation du décret sur les loyers

Jordi Turull est secrétaire général de Junts. Lors du Conseil des ministres extraordinaire du 20 mars, le gouvernement a approuvé un décret initial dont le prolongement sur les loyers vulnérables a été arraché par Sumar au PSOE. Le décret doit être convalidé par le Congrès dans un délai d’un mois. Turull a annoncé que Junts n’apportera pas son soutien à cette prorogation: pour lui, le texte est pervers, il «utilise la souffrance des plus vulnérables à des fins politiques» et, surtout, il ne protège pas suffisamment les propriétaires.

Conflit politique et mobilisation de rue

La controverse dépasse la technique parlementaire: Sumar assure qu’il épuisera toutes les voies de négociation avec les indépendantistes et qu’il mobilisera la rue contre la droite — PP, Vox et les députés de Puigdemont. Junts, pour sa part, tient à ne pas être montré comme responsable d’un effondrement du décret et vertement critique la stratégie du coalition gouvernante. Turull demande d’«arrêter les prolongations» et de résoudre les problèmes structurels plutôt que de les suspendre.

Accusations de «cauchemar fiscal» et pression sur les classes moyennes

La deuxième ligne de feu de son discours concernait les impôts. Turull a qualifié la situation de «cauchemar fiscal»: selon lui, la société catalane productive compense un «pillages» financier et un déficit d’investissement de 22 milliards d’euros qui «s’en vont et ne reviennent pas», et cela se traduit par quinze impôts propres et des tranches d’IRPF très élevées. Il pointe le PSC et son alliance avec los Comuns comme responsables de la pression fiscale qui écrase classes moyennes et travailleurs. Malgré ces attaques, Junts refuse d’exiger des élections anticipées: «Nous ne pensons pas aux prochaines élections, mais aux prochaines générations», a-t-il dit, conditionnant toute agitation politique à la clarification de l’amnistie de Puigdemont devant la justice européenne et le Tribunal constitutionnel espagnol.

Propositions fiscales concrètes et écoute des acteurs économiques

Pour sortir de la crise, Turull a proposé des mesures concrètes: déflactation de l’IRPF (ajuster les tranches à l’inflation), plus d’abattements pour les indépendants et une révision de l’impôt sur les sociétés pour les PME. Dans la salle, le président de Pimec, Antonio Cañete, et le secrétaire de l’UGT en Catalogne, Camil Ros, écoutaient attentivement — preuve que le discours visait autant l’économie réelle que la stratégie politique.

Publié le : 28 avril 2026
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