
Le ministre de l'Intérieur, Laurent Nuñez, a déclaré le 14 avril 2026 vouloir interdire le concert de Kanye West prévu au Vélodrome à Marseille.
Kanye West a annoncé, mercredi sur son compte X, le report « jusqu’à nouvel ordre » de son concert prévu le 11 juin au Vélodrome de Marseille.
Le rappeur affirme l’avoir décidé « de son propre chef » après « mûre réflexion ». C’était sa seule date française annoncée.
La décision survient alors que l’exécutif français étudiait la possibilité d’interdire le spectacle. Le ministère de l’Intérieur avait indiqué la veille qu’il examinait cette option en raison des propos antisémites et d’apologie du terrorisme dont Kanye West fait l’objet. La tension entre l’artiste et les autorités ne date pas d’hier : la semaine dernière, le Royaume-Uni lui a déjà interdit l’entrée sur son territoire à la suite de ces mêmes propos.
« Après mûre réflexion, j'ai pris la décision, de mon propre chef, de reporter mon concert à Marseille, en France, jusqu'à nouvel ordre. » Le ministère de l'Intérieur avait indiqué étudier la possibilité d'interdire le concert.
À Marseille, l’opposition à la venue du rappeur était nette et publique. Début mars, Benoît Payan, le maire, a annoncé vouloir s’y opposer : « Je refuse que Marseille soit une vitrine pour ceux qui promeuvent la haine et le nazisme décomplexé. Kanye West n'est pas le bienvenu au Vélodrome, notre temple du vivre-ensemble et de tous les Marseillais. » Ces mots traduisent une crainte locale d’instrumentalisation d’un lieu symbole de rassemblement pour diffuser des messages prônant la haine.
Sur le plan pratique, le report laisse des questions concrètes : comment seront remboursés ou reprogrammés les billets, et quelles conséquences légales pèseront sur l’organisation ? Pour l’instant, aucune nouvelle date n’a été annoncée et l’interrogation demeure sur la suite judiciaire ou administrative. Le retrait de la tournée, s’il se confirme, priverait aussi les festivals et lieux européens d’un artiste au centre d’une polémique internationale.
Le geste de Kanye West met en lumière un dilemme répandu : jusqu’où laisser un artiste controversé se produire quand ses propos sont jugés dangereux ? Entre la liberté d’expression culturelle et la prévention des discours de haine, les autorités comme les organisateurs doivent trancher. La France, qui considérait une interdiction possible, a choisi — pour le moment — l’attente, tandis que l’artiste a opté pour le report.