BUENODIA

La pièce de théâtre avec Patrick Bruel perturbée à Paris

Patrick Bruel sur scène à Paris, devant un décor de théâtre, saluant le public sous les projecteurs

Un spectacle interrompu par des militantes masquées

La soirée a basculé en quelques secondes. Trois militantes, le visage caché par des masques à l’effigie de l’acteur-chanteur, ont interrompu une représentation en criant « Bruel ! Violeur ! ». Les lumières se sont rallumées, la sécurité est intervenue et les femmes ont été évacuées tandis que des images de l’action circulaient en ligne. Trois militantes ont crié "Bruel! Violeur!".

Un message revendiqué et le soutien du collectif

L’action visait à délivrer un message sans équivoque. « Bruel, les sales connes te lâcheront pas », a déclaré à l’AFP, sous couvert d’anonymat, une membre du collectif qui n’a pas participé à l’action elle‑même, citant la formule revendiquée par les participantes.

Le collectif féministe Nous Toutes a appuyé le geste en dénonçant le traitement réservé à Patrick Bruel par le monde culturel : « le vaste monde de la culture comme ses spectateurs et spectatrices déroulent le tapis rouge à Patrick Bruel… En continuant à la programmer, elles mettent en danger toutes les femmes qui côtoient de près ou de loin un agresseur présumé », a-t‑il indiqué en ajoutant que « le principe de précaution s’impose ».

Maires, annulations et tournée menacée

Le geste n’est pas resté sans conséquences. Plusieurs maires, dont ceux de Paris et de Marseille, ont invité l’artiste à renoncer à se produire dans leurs villes.

Trois concerts prévus en décembre au Québec ont déjà été annulés. Patrick Bruel doit démarrer une tournée le 16 juin au Cirque d’Hiver à Paris, avant de se produire dans de nombreuses villes françaises, ainsi qu’en Suisse et en Belgique.

Responsabilité des salles face à la présomption d'innocence

Patrick Bruel conteste l’ensemble des faits qui lui sont reprochés. La scène et ses suites dessinent un débat plus large : jusqu’où va la responsabilité des salles et des élus face à des accusations graves non jugées ? Pour les militantes, poursuivre la programmation d’un artiste mis en cause revient à prendre le risque pour toutes les femmes concernées.

Pour d’autres, la présomption d’innocence et la liberté culturelle restent des garde‑fous à préserver. L’affaire illustre la tension entre une parole publique qui demande réparation et des institutions qui hésitent à prendre position.

Images virales et imbroglio sur plusieurs fronts

Des images de l’intervention montrent l’évacuation par la sécurité et ont amplifié la diffusion de l’action. L’imbroglio se joue désormais sur plusieurs fronts : judiciaire, médiatique et politique, tandis que la tournée de l’artiste se rapproche.

Publié le : 28 mai 2026
link