Un récit dévoilé à la télévision et un procès prévu
Pendant sept ans, Laëtitia dit avoir vécu l'enfer. Elle raconte à visage découvert des violences physiques et psychiques quotidiennes infligées par son compagnon — coups, étranglements, viols — et affirme qu'il l'a livrée à "plusieurs centaines" d'inconnus pour qu'ils la violent, parfois pendant sa grossesse. Son portrait est diffusé dans Sept à Huit ce dimanche 3 mai; le procès de son compagnon se tiendra en 2026 devant la cour d'assises des Alpes-de-Haute-Provence.
Rencontre en 2015: le passage de protecteur à bourreau
Elle l'a rencontré en 2015. Cet homme, directeur d'une agence bancaire et âgé d'une dizaine d'années de plus qu'elle, est passé, selon elle, d'homme protecteur à bourreau.
"Au début, ça a été des gifles… Des gifles jusqu'à ce que je perde une dent. Après, des coups de ceinture, des fessées à me faire des marques pendant deux semaines, des coups de planche à découper, de câbles électriques", raconte Laëtitia. Elle accuse aussi son compagnon de l'avoir étranglée jusqu'à la perte de conscience et d'avoir organisé son inscription sur des sites d'escorte où des clients la maltraitaient et payaient "très cher".
Soumission chimique niée et description d'une emprise totale
Elle nie la soumission chimique. "C'était interdit. Il disait qu'il fallait que je me rende compte de ce qui m'arrivait", explique-t-elle aux journalistes. Malgré cela, elle décrit une emprise totale: isolement, menaces de mort, contrôle de chaque aspect de sa vie. Elle dit avoir finalement réussi à alerter en racontant une scène d'étranglement à une amie de lycée sur Facebook; cette amie a prévenu la police.
Arrestation, mises en examen et présomption d'innocence
Elle a été arrêtée à Manosque fin juin 2022. Le compagnon est mis en examen pour proxénétisme aggravé, viols aggravés et actes de torture et de barbarie; il encourt la réclusion criminelle à perpétuité et bénéficie de la présomption d'innocence.
Conséquences physiques, volonté de parole et appel contre la honte
Les séquelles sont durables. Laëtitia dit être aujourd'hui incontinente et handicapée: "J'ai un appareil. Sans cet appareil, je devrais porter des couches. C'est terrible et difficile de vous parler de cela, mais c'est ma réalité à seulement 42 ans." Elle a demandé que le procès soit public; elle veut que la honte cesse d'écraser les victimes. "Il faut que la honte change de camp", affirme-t-elle, en citant l'impact d'autres affaires médiatisées qui l'ont poussée à parler.
Le 3919, Violence Femmes Info, est le numéro national de référence pour les femmes victimes de violences. C'est gratuit, anonyme, et géré par la Fédération nationale solidarité femmes (FNSF).
