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L’affaire Aldama : mentir au juge et plainte de Sánchez possible

Pedro Sánchez devant des microphones, avec un bâtiment judiciaire en arrière-plan, lié à l’affaire Aldama

Accusation directe au Tribunal suprême

Lors de sa comparution mercredi devant le Tribunal suprême, Víctor de Aldama a frappé fort: il a désigné Pedro Sánchez comme le «numéro un» d'une prétendue affaire de masques liée aux achats pendant la pandémie de COVID‑19. Accusé lui‑même pour des irrégularités dans ces acquisitions, Aldama a égrené une hiérarchie — «Sánchez, échelon un; M. Ábalos, échelon deux; Koldo García, échelon trois; et moi, échelon quatre» — et a évoqué des commissions supposées servant à financer irrégulièrement le PSOE.

Intervention médiatique et confrontation juridique

Depuis sa sortie de prison, l'ancien commissionnaire a multiplié les attaques publiques contre le président, ce qui transforme chaque intervention en un nouvel épisode accusatoire. Sur l'antenne d'Hora 25, l'animateur Aimar Bretos a confronté ces déclarations au regard du droit avec le professeur Víctor J. Vázquez, spécialiste en droit constitutionnel à l'université de Séville.

Les déclarations publiques et la possibilité d'une plainte

Selon sa déclaration, Pedro Sánchez est «l'échelon un» dans la prétendue organisation. Selon le professeur Víctor J. Vázquez, Pedro Sánchez peut porter plainte pour calomnies à tout moment.

Ce que permet le droit de ne pas s'auto‑incriminer

Le point central est simple mais souvent mal compris: un accusé bénéficie du droit de ne pas s'auto‑incriminer, ce qui, en pratique, lui permet parfois de déformer la vérité pour se défendre. Le professeur Vázquez l'explique clairement: être mis en examen donne le droit de ne pas répondre et, dans certains cas, de mentir pour se protéger — une protection qui n'est pas étendue aux témoins, tenus de dire la vérité sous peine de sanctions pénales.

Mais cette protection a des limites évidentes. Lorsqu'un accusé impute «une activité criminelle directe» à une personne tierce — en l'occurrence le chef du gouvernement — il ne bénéficie plus d'une immunité automatique contre les conséquences pénales de ces allégations. Le professeur rappelle que «ces mensonges n'exonèrent pas de responsabilité lorsque l'on porte des accusations directes contre autrui»: la voie d'une plainte pour calomnies reste ouverte.

Sanctions possibles et impact politique immédiat

Quelles conséquences concrètes? Pedro Sánchez pourrait déposer une plainte pour calomnies, déclenchant une procédure pénale distincte. Si la plainte aboutit, Aldama pourrait être poursuivi pour diffamation et être sanctionné indépendamment du dossier principal sur les masques.

Entre‑temps, le théâtre médiatique ne fait qu'alimenter la polarisation: des accusations très lourdes restent, pour l'heure, des paroles d'un accusé, et non des faits judiciairement établis. Reste que la portée politique est immédiate. Une accusation publique de cette nature, proférée devant le Tribunal suprême, transforme une affaire judiciaire en affaire d'État — et laisse au président Sánchez la possibilité, désormais claire, de demander réparation devant la justice.

Publié le : 1 mai 2026
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