Alerte: pénurie imminente de kérosène menace la haute saison
Les aéroports européens tirent la sonnette d'alarme: le kérosène pourrait venir à manquer en l'espace de quelques semaines, et la haute saison des voyages — vacances scolaires et été — risque d'en subir les contrecoups. Les exploitants préviennent l'Union européenne qu'à moins d'une hausse significative des livraisons depuis le Moyen‑Orient, les pistes pourront rapidement se retrouver sans carburant, avec pour corollaire annulations, retards et hausses de prix.
Instabilité dans le Golfe met sous pression les approvisionnements et les prix
En cause: l'instabilité dans le Golfe qui perturbe les flux pétroliers. Environ un cinquième de l'approvisionnement mondial transite par le détroit d'Hormuz, un passage clé devenu plus dangereux depuis le début des hostilités impliquant l'Iran. ACI Europe, qui représente les aéroports, prévient que, « si le trafic maritime ne reprend pas de manière stable et soutenue dans les semaines à venir, une pénurie systémique de kérosène est probable ». Les prix du jet fuel ont déjà plus que doublé: de circa 750 dollars la tonne avant le conflit à plus de 1 500 dollars aujourd'hui.
Signes concrets: restrictions, réductions de vols et pratique du "tankering"
Les premiers signes de tension sont concrets. Des restrictions de ravitaillement ont été imposées dans plusieurs aéroports italiens — Milan, Venise et Bologne — qui tentent d'économiser des stocks contraints. Parallèlement, certaines compagnies scandinaves et polonaises ont déjà réduit leur offre face à des coûts en forte hausse. Dans d'autres régions du monde, la situation est encore plus grave : le Vietnam, le Myanmar et le Pakistan ont déclaré des pénuries officielles et obligent les appareils à embarquer du carburant pour le trajet retour, une pratique coûteuse appelée « tankering ».
Variabilité du risque selon les aéroports et recommandations pour les voyageurs
Au Royaume‑Uni, les messages sont pour l'instant plus rassurants: les grandes compagnies basées à Heathrow disent ne pas subir de rupture immédiate et l'aéroport affirme fonctionner normalement, tout en reconnaissant que la situation pourrait se dégrader dans cinq à six semaines. Mais les professionnels du secteur insistent sur le caractère local et variable du risque: selon les réserves et les contrats d'approvisionnement, certains aéroports ou transporteurs seront mieux armés que d'autres — souvent au prix d'achats à des tarifs bien plus élevés, répercutés ensuite sur le billet.
Côté passagers, mieux vaut se préparer. Les assurances de voyage couvrent rarement les annulations liées à la guerre ou à l'agitation civile, et si une annulation est jugée due à des « circonstances extraordinaires », le droit européen n'oblige pas au versement d'indemnités: vous pouvez obtenir un remboursement ou un vol de remplacement, mais pas nécessairement une compensation financière. Les autorités et les acteurs du transport demandent des mesures coordonnées à l'échelle de l'UE pour surveiller la situation et éviter un effondrement de la connectivité. D'ici là, vérifiez fréquemment l'état de vos vols et anticipez des changements — courts retards ou longues réorganisations — plutôt que de compter sur l'immobilisme.
