
Le cessez‑le‑feu en Iran vacille. Alors que Washington assure vouloir rouvrir le détroit d’Ormuz et relancer des négociations, Téhéran a répondu en exigeant des réparations de guerre, la reconnaissance de sa souveraineté sur le détroit et la levée des sanctions. Ces demandes, publiées par la télévision d’État iranienne, ont ramené les pourparlers au point mort ce week‑end.
Le prix moyen de l'essence aux États‑Unis dépasse 4,55 $ le gallon. Le détroit d'Ormuz est une voie essentielle pour le transport du pétrole et du gaz.
Le président américain a repoussé la contre‑proposition iranienne sans détour. Qualifiant l’offre de « totalement inacceptable », il a traité Téhéran de « lunatiques » et a dit que la réponse iranienne ne tenait pas la route. De leur côté, les diplomates estiment que la reconnaissance de la souveraineté iranienne sur le détroit et la demande de réparations seraient des non‑débutants pour Washington ; la levée des sanctions ne deviendrait envisageable que si l’Iran consentait à d’importantes concessions nucléaires.
La guerre nourrit déjà une facture globale. Depuis le déclenchement du conflit fin février, le prix de l’essence aux États‑Unis a bondi d’environ 1,50 $ le gallon ; l’Inde appelle sa population à économiser le carburant.
À la Maison‑Blanche, le président a évoqué la suspension de la taxe fédérale sur l’essence (18,4 cents le gallon pour l’essence, environ 24 cents pour le diesel) — une mesure qui nécessiterait l’aval du Congrès et, admet‑il, n’abaisserait les prix que marginalement. Les marchés ont réagi : le pétrole a repris de la hausse tandis que les grandes compagnies pétrolières continuent d’afficher des profits substantiels — Aramco a vu ses bénéfices du premier trimestre grimper de 25 %.
Parallèlement aux tractations diplomatiques, les escarmouches se poursuivent autour d’Ormuz. Les Émirats arabes unis ont déclaré avoir été attaqués dimanche par des drones iraniens ; la semaine précédente, des navires américains ont tiré sur des installations militaires le long de la côte iranienne. Ces incidents rappellent que, malgré un cessez‑le‑feu de courte durée, le terrain reste volatile et la menace d’escalade réelle.
Sur le volet nucléaire, le président a déclaré que les États‑Unis surveillaient les stocks d’uranium enrichi d’Iran et qu’ils finiraient par « s’en occuper ». Ses déclarations sur ce sujet ont cependant varié : il a récemment laissé entendre qu’il s’en souciait moins parce que du matériel serait « très profondément enfoui ». Avant son déplacement en Chine cette semaine pour rencontrer Xi Jinping, il espère une avancée qui apaiserait les tensions — mais pour l’instant, les négociations butent sur des demandes que chacun juge inacceptables.