Pourparlers au point mort et humiliation américaine
Les négociations pour un cessez‑le‑feu et la réouverture du détroit d’Ormuz piétinent. Pire encore, le chancelier allemand Friedrich Merz affirme que Téhéran se permet de narguer Washington : « Les États‑Unis sont humiliés », a‑t‑il lâché lors d'une rencontre avec des étudiants, en ajoutant qu’il ne comprenait pas quelle issue stratégique cherchaient les Américains « face à des négociateurs très habiles — ou plutôt très habiles pour ne rien négocier ». Cette morgue iranienne, perçue ou réelle, fragilise la posture diplomatique américaine.
Araghchi multiplie les escales diplomatiques
Abbas Araghchi, le négociateur iranien, illustre ce rapport de forces. Il a rencontré les autorités pakistanaises à Islamabad sans attendre l’arrivée des négociateurs américains Jared Kushner et Steve Witkoff. Puis il s’est rendu à Moscou, où Vladimir Poutine a salué « la bravoure et l'héroïsme du peuple iranien qui se bat pour son indépendance ». Ces allées‑retours ne sont pas de simples escales : ils signalent une stratégie internationale visant à multiplier les appuis et à renouveler la narration de Téhéran.
Répression à l’intérieur : bilan humain et exécutions
Le prix à payer est humain. L’exécution d’Erfan Kiani, samedi, porte à neuf le nombre de personnes exécutées depuis le 19 mars pour des motifs liés aux manifestations de janvier.
Le 13 avril, Iran Human Rights et Ensemble contre la peine de mort ont estimé qu’au moins 1 639 personnes avaient été exécutées en Iran en 2025, soit le niveau le plus élevé depuis 1989. Ces chiffres tombent comme une contre‑image brutale des manœuvres diplomatiques : pendant que l’Iran affiche sa fermeté sur la scène internationale, la répression intérieure se durcit.
Les faits sont simples et saillants. Abbas Araghchi a rencontré les autorités pakistanaises à Islamabad sans attendre l’arrivée des négociateurs américains Jared Kushner et Steve Witkoff. Le 13 avril, Iran Human Rights et Ensemble contre la peine de mort ont estimé qu’au moins 1 639 personnes avaient été exécutées en Iran en 2025.
Jeu russe et réorientation des priorités géopolitiques
La Russie, elle, a tout à gagner de cette crise. En favorisant un rapprochement affiché avec Téhéran, Moscou profite d’une hausse des prix du pétrole qui soulage son économie. Parallèlement, la diversion détourne l’attention de Washington du front ukrainien et rend plus difficile l’acheminement d’aides militaires vers Kiev. Autrement dit, ce conflit redessine des priorités géopolitiques au bénéfice de la Russie.
La scène internationale ressemble à un échiquier où chaque mouvement dehors masque une violence à l’intérieur. Pendant que Téhéran drague Moscou et ignore Washington, des familles payent le prix fort. Et pour l’Occident, la question n’est plus seulement diplomatique : comment peser sur une crise qui se joue simultanément sur les marchés du pétrole, sur les têtes des manifestants et dans les salons feutrés de Moscou ?
