
Donald Trump a lancé un fonds de « lutte contre la militarisation » doté de 1,8 milliard de dollars — et la liste des prétendants ressemble à un who’s who des alliés controversés du président. Des membres des Proud Boys, des émeutiers du 6 janvier, des élus et ex‑élus graciés ou commués disent qu’ils vont postuler, tandis que des critiques et des recours judiciaires accusent l’administration d’utiliser l’argent pour récompenser ses partisans.
Le fonds s'élève à 1,8 milliard de dollars. Parmi les premiers candidats identifiés, un ancien proche de l’administration a déjà chiffré sa demande. Un premier candidat a demandé 2,7 millions de dollars.
Parmi les noms cités figurent Michael Caputo, ancien porte‑parole du Health and Human Services sous Trump, qui affirme avoir été la cible d’enquêtes injustes et a demandé 2,7 millions de dollars; George Santos, l’ex‑congressman dont la peine de sept ans a été commuée par Trump après moins de trois mois, dit qu’il envisage de postuler — mais qu’il veut d’abord une « excuse » plutôt qu’un chèque. Des leaders des Proud Boys et plusieurs personnes poursuivies pour leur rôle lors de l’assaut du Capitole ont également indiqué leur intérêt. Mark McCloskey, avocat pro‑Trump connu pour avoir brandi une arme lors d’une manifestation en 2020, se dit impatient d’obtenir les modalités pour déposer les dossiers au nom de ses clients du 6 janvier : « C’est le premier rayon de lumière que nous voyons depuis longtemps », a‑t‑il confié.
Les contours pratiques du mécanisme restent flous : qui sera éligible, combien chaque bénéficiaire pourra toucher et qui distribuera les fonds n’ont pas été précisés. Le vice‑président JD Vance a déclaré que « n’importe qui peut en faire la demande », mais les avocats pro‑Trump attendent des règles claires avant de lancer des dizaines, peut‑être des centaines, de plaintes. Peter Ticktin, avocat basé en Floride, dit être en contact avec des centaines de personnes inculpées pour le 6 janvier qui envisagent de réclamer une compensation.
Ce qui est déjà certain, c’est que le dispositif s’annonce explosif sur le plan juridique et politique. Ses détracteurs le qualifient d’outil illégal destiné à indemniser des alliés politiques et plusieurs recours ont été déposés. Pour les partisans, il s’agit de réparer des « injustices » perçues pendant l’ère Biden ; pour les opposants, de défaire la responsabilisation des événements liés au 6 janvier et d’autres affaires.
La question qui va trancher dans les mois à venir n’est pas seulement qui recevra de l’argent, mais si l’administration pouvait, légalement, créer un mécanisme qui cible en pratique des sympathisants politiques. Les tribunaux auront le dernier mot — et la distribution effective des 1,8 milliard de dollars pourrait redessiner le paysage post‑2020.