
L'État français va prendre une participation dans le projet d'exploitation minière de lithium mené par l'entreprise Imerys, situé dans le département de l'Allier. Cette décision suscite des réactions mitigées, notamment de la part de certaines organisations non gouvernementales (ONG).
Le ministère de l'Économie et des Finances a annoncé que cet investissement, prévu pour être finalisé dans les mois à venir, s'inscrit dans une stratégie visant à promouvoir une société décarbonée et souveraine. L'objectif affiché est de garantir la souveraineté de la France sur l'ensemble de la chaîne de valeur.
Selon des sources, la participation de l'État dans ce projet minier pourrait atteindre environ 30 % du capital, comme rapporté par Les Échos. Imerys, un spécialiste des minerais, a annoncé que l'investissement de l'État s'élève à 50 millions d'euros, réalisé par la Banque des Territoires.
Cette somme est destinée à la finalisation de l'étude de faisabilité définitive, prévue pour début 2027. Cette étude est indispensable avant toute décision finale d'investissement dans le futur site de production.
Alessandro Dazza, le directeur général d'Imerys, a indiqué qu'il est toujours en recherche de partenaires financiers pour ce projet. Il a précisé que la question de la majorité dans l'exploitation n'est pas une condition nécessaire pour l'entreprise.
Imerys possède l'expertise nécessaire pour gérer ce type d'activité à l'échelle mondiale. Le dirigeant a souligné l'importance de collaborer avec des partenaires, y compris l'État, pour mener à bien ce projet.
Le projet de mine de lithium est présenté par le ministère comme une initiative visant à répondre aux besoins nationaux tout en respectant les standards environnementaux et sociaux. Toutefois, cette annonce a suscité des critiques de la part d'ONG comme l'association des Amis de la Terre.
Juliette Renaud, membre de cette association, a dénoncé le soutien de l'État, affirmant qu'il ne prend pas en compte les problématiques sociales et environnementales liées à l'exploitation minière. Elle a réitéré l'opposition de l'association à ce projet, soulignant les nombreux risques associés.
La France et l'Europe ont longtemps délégué l'extraction de minerais essentiels à d'autres régions. Cependant, les tensions géopolitiques actuelles incitent les autorités à relancer l'extraction minière sur le territoire national. Cette initiative suscite des inquiétudes concernant son impact social et environnemental.
Les opposants au projet n'hésitent pas à saisir la justice, ce qui pourrait prolonger le délai nécessaire pour rouvrir une mine, estimé entre 10 et 15 ans par les professionnels du secteur.
La participation de l'État dans le projet d'Imerys soulève des questions cruciales sur la souveraineté, l'environnement et les enjeux sociaux. Alors que le gouvernement défend cette initiative comme un pas vers une économie décarbonée, les critiques persistent face aux risques associés à l'exploitation minière.