
Le retour des rassemblements contre la loi Duplomb a rassemblé de nombreux militants. Des écologistes, des paysans et des « citoyens concernés » se sont mobilisés samedi à l'appel de plus de 80 organisations. Ils s'opposent à la loi anti-contrainte agricole du sénateur Laurent Duplomb et à sa proposition de réintroduire des pesticides interdits.
Partout en France, le même message résonne : « Duplomb, non c’est non » ou « Plus de paysans, moins de pesticides ». À Brest, une dizaine de personnes étaient présentes, tandis qu'à Lille, jusqu'à 300 manifestants se sont réunis place du Théâtre. À Lyon, 150 personnes, majoritairement des agriculteurs de la Confédération paysanne, ont également participé à la mobilisation.
De Boulogne-sur-Mer à Albi, une trentaine de rassemblements ont été organisés pour dénoncer l’accumulation d’annonces sur l’agriculture et l’environnement. Selon le collectif Nourrir, ces annonces « tournent le dos à l’intérêt général ». Ce collectif regroupe des organisations comme Greenpeace, Oxfam et WWF.
Les « lois Duplomb » en France sont critiquées pour leurs conséquences sur l'environnement. Les militants pointent des projets législatifs européens qui, selon eux, constituent des reculs environnementaux majeurs. Parmi ces projets, la directive Omnibus, qui pourrait permettre une autorisation illimitée de nombreux pesticides, suscite de vives inquiétudes.
Marie Bermyn, 46 ans, présente à Lille, a exprimé l'importance de défendre un autre modèle d’agriculture. Elle a déclaré : « C’est la mort des paysans ». Les manifestants s'opposent à un modèle agro-industriel qui privilégie la production pour l'exportation.
Le rassemblement à Lille a également vu la participation d'un médecin et d'un malade du cancer. Ils sont venus exprimer leur refus des pesticides de synthèse. Cette mobilisation souligne l'importance d'une agriculture engagée dans la transition écologique.
Un grand rassemblement est prévu à Paris mercredi, coïncidant avec un débat à l'Assemblée nationale sur la loi Duplomb. Cette loi, adoptée cet été, vise à faciliter le stockage de l’eau et l’agrandissement des bâtiments d’élevage.
La disposition la plus contestée de ce texte est la réautorisation de l’acétamipride, un insecticide néonicotinoïde. Le Conseil constitutionnel a censuré cette mesure, jugée insuffisamment encadrée. Cette réintroduction est cependant demandée par des syndicats agricoles pour protéger les cultures de betteraves sucrières.
La loi Duplomb a suscité une forte opposition à gauche. Une pétition pour son abrogation a recueilli plus de 2,1 millions de signatures, dépassant largement le seuil nécessaire pour un débat à l'Assemblée nationale. Les organisations mobilisées ce week-end dénoncent une nouvelle offensive « contre le vivant ».
Le sénateur LR, Laurent Duplomb, a déposé une nouvelle proposition de loi. Celle-ci autoriserait la réintroduction encadrée de pesticides actuellement interdits, ciblant des cultures spécifiques. Les militants estiment que ces textes ne répondent pas à la demande fondamentale du monde agricole : la garantie d’un revenu digne.
La mobilisation contre la loi Duplomb met en lumière des enjeux cruciaux pour l'agriculture et l'environnement. Les manifestants demandent un changement de modèle agricole et une protection de la santé publique. La lutte continue, avec des rassemblements prévus et des débats à venir qui pourraient influencer l'avenir de la législation agricole en France.