
Le Golfe flambe à nouveau. Lundi, l’Iran a frappé les Emirats arabes unis avec des drones et des missiles de croisière, marquant la première attaque directe de Téhéran contre un voisin du Golfe depuis plus d’un mois de trêve. Le président Emmanuel Macron a condamné ces bombardements comme « inacceptables » et a assuré les Emirats du soutien de la France, en réclamant la réouverture du détroit d’Ormuz et des garanties de sécurité pour la région.
Les frappes iraniennes contre des infrastructures civiles émiriennes sont injustifiables et inacceptables. Les forces américaines annoncent avoir détruit six embarcations iraniennes.
Sur le plan militaire, Washington dit avoir « neutralisé efficacement » des missiles et des drones lancés vers des navires de la marine américaine et des bâtiments commerciaux, après avoir détruit six embarcations iraniennes. Téhéran conteste ces bilans : un haut responsable militaire, cité par la télévision d’État, a nié la destruction de navires iraniens, amplifiant le brouillard qui entoure les affrontements en mer.
La crise autour du détroit d’Ormuz explique en grande partie l’escalade. Plusieurs accrochages y ont eu lieu lundi dans ce passage stratégique, et l’intervention américaine visant à rétablir la navigation montre à quel point la situation est devenue urgente. Donald Trump a lancé une opération militaire pour dégager le détroit et a mis les Iraniens en garde d’une manière provocatrice : « les Iraniens seraient pulvérisés de la face de la Terre », si leurs tirs visaient des navires américains.
Sur le plan diplomatique, les appels à la désescalade se multiplient, mais les tentatives de relancer les négociations entre Téhéran et Washington peinent à produire des résultats concrets. Une première rencontre directe avait eu lieu à Islamabad le 11 avril, sans empêcher la reprise des hostilités. Dimanche, l’Iran a indiqué avoir reçu une réponse de Washington à sa dernière proposition de règlement ; le contenu de cette réponse n’a pas été rendu public.
La trêve fragile, en vigueur depuis le 8 avril, risque désormais de voler en éclats. La communauté internationale redoute que des incidents locaux — tirs de drones, destructions d’embarcations, dénégations publiques — ne s’enchaînent et ne déclenchent une spirale incontrôlable. Pour l’instant, Paris demande des garanties de sécurité et la réouverture du détroit d’Ormuz : deux impératifs qui résument l’enjeu immédiat : empêcher que le Golfe ne bascule d’un conflit par éclats à une guerre ouverte.