
Janvier rouvre les musées avec une offre aussi large qu’éclectique : des vieilles pierres à la chair contemporaine, Paris et la province déroulent des expositions conçues pour ravir autant les amateurs d’art ancien que les curieux du présent.
Louise Nevelson reprend la place. Cinquante ans après sa dernière exposition en France (1974) et près de quarante ans après sa disparition, le Centre Pompidou‑Metz lui consacre la première grande rétrospective de cette ampleur en Europe. Louise Nevelson (1899‑1988) bénéficie d'une rétrospective au Centre Pompidou‑Metz du 24 janvier au 31 août.
Son art transforme les ordures en autels. À New York, elle récupère planches et chutes, assemble des caisses et des reliefs pour les élever en colonnes et en architectures verticales, puis les unifie sous un voile monochrome — le plus souvent noir, parfois blanc ou doré. Parfois rapprochée du cubisme, du constructivisme ou des pratiques dadaïstes et surréalistes du collage, Nevelson a littéralement bouleversé la sculpture du XXe siècle ; aujourd’hui son héritage irrigue la jeune scène et même la mode.
Le Jeu de Paume propose, pour sa part, un regard rétrospectif sur la carrière d’un photographe récemment disparu. Le photographe britannique Martin Parr (1952‑2025) est mort le 6 décembre 2025; le Jeu de Paume lui consacre sa première exposition posthume.
Environ 180 œuvres couvrent plus de cinquante ans de production, promettant une traversée chronologique et stylistique — de ses débuts aux séries qui l’ont rendu célèbre. Posthume, l’exposition offre une occasion de mesurer la constance d’un regard sans complaisance, capable à la fois de saisir la dérision des rituels sociaux et la couleur d’un quotidien apparemment banal.
Et le reste ? Les musées ne se contentent pas de célébrer quelques figures : la programmation jaillit du présent vers le passé, avec des clins d’œil allant de Michel‑Ange à Kandinsky, et des propositions dispersées entre les institutions parisiennes et les scènes provinciales. Les curateurs ont choisi d’ouvrir la saison sur des dialogues — entre contenu et forme, entre héritage et rupture — plutôt que sur une simple succession d’expositions isolées.
Cette rentrée muséale se lit comme une déclaration : l’art d’hier nourrit le présent, et le présent redessine la manière de regarder l’histoire. Si vous n’avez qu’une exposition au programme cet hiver, que ce soit celle qui change votre regard.