
Le ministre de la Justice, Gérald Darmanin, a exprimé dimanche son souhait de mettre fin à la prescription pour les crimes de sang. Cette déclaration fait suite à la confirmation que le meurtre de Marie-Thérèse Bonfanti, résolu 36 ans après sa disparition, ne peut plus être jugé. Cette situation soulève des questions importantes sur la justice pénale.
Marie-Thérèse Bonfanti, âgée de 25 ans, a disparu le 22 mai 1986 alors qu’elle distribuait des journaux en Isère. À l'époque, Yves Chatain, un voisin, avait été soupçonné. Ce n'est qu'en 2022 qu'il a avoué avoir étranglé la victime. Cependant, la Cour de cassation a récemment statué que le délai de prescription avait commencé à courir dès la disparition.
La Cour a jugé qu'il n'y avait pas eu d'obstacle insurmontable pour suspendre le cours de la prescription. Ainsi, le meurtre ne peut plus être poursuivi légalement. Le délai de prescription, qui était de dix ans, a été étendu à 20 ans en 2017.
Reconnaissant que cette question très difficile soulève des débats de civilisation, le ministre a exprimé son souhait de revenir sur la prescription. Il a évoqué les technologies qui pourraient aider à résoudre des affaires plus anciennes. Cela pourrait permettre de retrouver des preuves plus rapidement et de juger des affaires longtemps après les faits.
Darmanin a précisé qu'il ne souhaitait pas revenir sur la prescription de manière générale. Il a également mentionné que le délai de prescription est déjà étendu à 30 ans pour certains crimes, tels que le terrorisme et le trafic de stupéfiants.
Le ministre a déjà exprimé son soutien à l'imprescriptibilité des crimes commis sur des mineurs. Cela montre une volonté de renforcer la protection des victimes et de leur famille. La question de la prescription reste donc un sujet sensible et complexe à aborder.
En conclusion, la proposition de Gérald Darmanin d'abolir la prescription pour les crimes de sang pourrait avoir des répercussions significatives sur le système judiciaire. La société doit réfléchir à la manière dont elle traite les affaires non résolues et au soutien qu'elle offre aux victimes et à leurs proches.