
La fiscalité des logements vacants change de cap. À partir de 2027, l’État fusionne deux taxes locales et transforme une règle technique en une pression financière visible pour les propriétaires : la TLV et la THLV deviennent la TVLH, une taxe unique sur la vacance des logements.
La TVLH fusionne la TLV et la THLV à partir du 1er janvier 2027. En France, environ 3,1 millions de logements sont considérés vacants.
Concrètement, la mécanique dépend du territoire. En zone dite « tendue », le calcul s’aligne sur l’ancien cadre TLV : 17 % de la valeur locative la première année, 34 % les suivantes, mais les communes pourront appliquer des majorations (jusqu’à +30 % la 1re année et +60 % la 2e année selon le scénario local).
Hors zones tendues, ce n’est plus automatisé : le taux sera voté par la commune et peut atteindre 50 % de la valeur locative — avec des majorations possibles analogues. Les recettes reviennent aux collectivités, qui gagnent ainsi une marge de manœuvre fiscale plus large.
Autre façon de voir l’impact : prenez un logement dont la valeur locative cadastrale est de 8 000 €. En condition de base, 17 % donnent 1 360 € la première année.
Mais selon les majorations municipales, la note peut grimper à environ 2 400 € la première année, puis à 4 800 € l’année suivante. Autrement dit, la réforme n’est pas seulement une simplification administrative : elle peut devenir un levier puissant pour inciter à remettre des biens sur le marché, ou pour accroître les recettes locales.
Qui va subir la hausse ? Les propriétaires de logements inoccupés — non meublés et occupés moins de 90 jours par an — voient leur exposition augmenter, surtout quand leurs biens restent vides pour vente, rénovation ou attente de locataire. Les impacts seront très inégaux d’une commune à l’autre, parce que ce sont les élus locaux qui voteront les taux et les majorations. Résultat : la carte fiscale va diverger, et certains territoires deviendront beaucoup plus coûteux pour les biens laissés vacants.
Que faire pour s’y préparer ? Commencez par cartographier vos logements vacants et estimer la durée d’inoccupation. Vérifiez si votre commune est en zone tendue et surveillez les délibérations municipales sur la TVLH.
Penser à d’autres usages — location meublée, saisonnière, transformation en logement social ou mise en location temporaire — peut réduire l’assiette ou la durée de vacance. Enfin, calculez des scénarios simples (valeur locative × taux voté ± majorations) pour anticiper la facture.
La TVLH change donc la donne : elle crée une taxation plus lisible, mais aussi plus variable selon l’endroit. Pour les propriétaires, l’essentiel est de ne pas subir l’évolution : connaître les règles locales, chiffrer les conséquences et adapter l’usage du bien.
| Critère | Situation actuelle | TVLH envisagée (à partir de 2027) |
|---|---|---|
| Zone tendue | TLV : 17% de la valeur locative 1re année, 34% les années suivantes ; THLV non applicable dans ces zones. | Alignée sur le TLV : 17% 1re année puis 34% ; majorations possibles jusqu'à +30% 1re année et +60% 2e année. |
| Zone hors zone tendue | TLV non appliquée ; THLV votée par la commune (taux indexé sur les résidences secondaires). | TVLH votée par la commune ; taux jusqu'à 50% de la valeur locative, avec majorations possibles semblables à celles en zone tendue. |
| Montant moyen (exemple) | Valeur locative 8 000 € → ≈ 1 360 € 1re année en zone tendue (calcul TLV). | Même base, mais majorations locales pouvant porter à ≈ 2 400 € (1re année) et ≈ 4 800 € (2e année) selon décisions communales. |
| Champ d'application | Logements vacants, selon communes et règles locales (TLV/THLV selon zone). | TVLH s'applique à tous les logements vacants ; recettes reversées aux communes ; application selon localisation et durée de vacance. |