
Sept à huit jette une nouvelle lumière trouble sur la mort d’Émile. Le documentaire diffusé dimanche sur TF1 rassemble des éléments matériels et des témoignages inédits qui renforcent le mystère autour de la disparition de l’enfant de deux ans et demi.
Sur les vêtements et les ossements, les experts ont relevé « des traces de puces de volailles, des excréments de chauve‑souris et un fragment de ficelle, de celle qu’on utilise dans les champs ». Mi‑décembre 2025, des vélos ont été saisis : ils appartiendraient à des membres de la famille — un oncle et une tante notamment — qui avaient participé aux recherches à bicyclette. Une hypothèse soulevée par les enquêteurs est que la blessure au crâne, dont on ne retrouve qu’une moitié, pourrait être très petite et avoir été infligée accidentellement, pourquoi pas par une pédale de vélo.
Émile a disparu le 8 juillet 2023. L’affaire est qualifiée d’homicide volontaire et de recel de cadavre. Neuf mois après la disparition, la SR de Marseille organise une reconstitution.
Et c’est là que le récit prend un tour étrange : le morceau de crâne et des morceaux de vêtements intacts sont retrouvés le lendemain de cette reconstitution, à la veille de Pâques 2025. Ces éléments n’avaient pas eu le temps de se décomposer dans la forêt où une randonneuse les découvrira, alors que le lieu se trouve à 1,5 km à vol d’oiseau de la maison familiale et est fréquenté par des chasseurs dont les chiens n’auraient rien signalé pendant neuf mois. L’enquête suggère donc que le crâne et les vêtements ont été mis à l’abri, puis déplacés en forêt peu après la reconstitution.
Les investigations ont été massives : environ trois cents auditions, trente véhicules analysés — dont une remorque pour chevaux — et soixante perquisitions, sans mise en examen à ce stade. Le reportage donne aussi la parole aux voisins, pour la première fois. Ils décrivent une famille à la fois aimante et rigoriste : l’éducation du grand‑père, père de dix enfants, est qualifiée « d’à l’ancienne » ; les corrections y sont vues comme « normales » par certains habitants.
Plusieurs témoignages frappent par leur franchise. Pendant les recherches, Philippe Vedovini aurait lancé : « Ça devait arriver, ce gosse n’en faisait qu’à sa tête », tandis que sa femme, selon d’autres, murmurait : « C’est le Seigneur qui décide. » La maire du Haut‑Vernet, Gilles Thizan, évoque un climat de suspicion prolongé dans le village : « cent prélèvements génétiques » y ont été réalisés.
À une voisine, la grand‑mère d’Émile aurait récemment confié : « Je suis capable de tout entendre, de tout pardonner. » Et pour les derniers Pâques, Philippe et Anne Vedovini ont fait célébrer trois messes : une pour leurs avocats, une pour les enquêteurs et une troisième pour… l’auteur des faits. Rien dans ces révélations n’élucide totalement ce qui est arrivé à Émile, mais elles resserrent l’étau sur la piste familiale et entretiennent la perplexité : comment un corps ou des restes ont‑ils pu rester invisibles pendant neuf mois, puis réapparaître si près d’un foyer où l’on cherchait partout ?