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Paris : amende record pour un immeuble Airbnb illégal

Façade d’un immeuble à Paris avec panneau Airbnb, policiers et avis d’amende record affiché sur la porte

Amende record décidée par la justice parisienne

Une amende record tombe sur un immeuble transformé en Airbnb dans le IXe arrondissement : 585 000 euros. La décision, rendue par le tribunal judiciaire de Paris le 15 avril 2026, sanctionne une transformation complète d’un bâtiment sans l’« autorisation de changement d’usage » requise par la loi.

Transformation en meublés touristiques et sanctions chiffrées

L’immeuble, acheté fin 2022 et jusque-là occupé par une résidence sociale pour personnes en situation de précarité, a été entièrement recomposé fin 2023 en onze meublés de tourisme loués sur Airbnb. L’infraction principale vaut une amende de 445 000 euros ; des manquements complémentaires — annonces sans numéro d’enregistrement et refus de transmettre des documents à un contrôleur assermenté — portent le total à 585 000 euros. Le tribunal a en outre ordonné la cessation immédiate de l’activité, assortie d’une astreinte de 1 000 euros par jour et par logement, soit 11 000 euros par jour si les locations se poursuivaient.

Réactions politiques et estimation des meublés illégaux

« C’est la plus grosse amende prononcée contre un loueur », a réagi Jacques Baudrier, adjoint PCF au Logement, saluant une victoire contre les « loueurs professionnels » qui opèrent à la chaîne. Cette affaire n’est pas isolée : la Ville de Paris estime à environ 25 000 le nombre de meublés touristiques illégaux sur son territoire, dans un marché du logement étouffé par la tension et les détournements de logements.

La sévérité des sanctions s’inscrit dans une politique de plus en plus ferme. Il y a deux ans, les amendes prononcées à Paris atteignaient 1,3 million d’euros ; l’an dernier, 2,4 millions. Depuis le début de 2026, la capitale frôle déjà le million d’euros de sanctions — un bond que la mairie attribue en partie à l’application de la loi Echaniz-Le Meur de novembre 2024, destinée à mieux réguler les meublés touristiques type Airbnb. Emmanuel Grégoire a d’ailleurs résumé la ligne politique en un post lapidaire : « Airbnb à Paris, c’est fini. »

Renforcement des contrôles et message dissuasif

Trois jours avant le jugement, le Conseil de Paris a annoncé la création d’une « brigade de protection du logement » d’environ 150 personnes, chargée notamment de traquer les meublés touristiques illégaux. La combinaison de contrôles renforcés, d’amendes lourdes et d’astreintes journalières vise à dissuader les mises sur le marché illégales et à récupérer des logements pour les besoins locaux. La mise à l’amende de cette SCI est un message clair : transformer collectivement un immeuble social en produits locatifs touristiques, sans respecter les règles, coûte désormais cher — et peut être stoppé dans l’immédiat.

Publié le : 19 avril 2026
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