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À Paris, des influenceurs sauvent une pizzeria en difficulté

Influenceurs à Paris posant devant une pizzeria en difficulté, tenant des parts de pizza et un smartphone

Un comptoir de voisinage rue Saulnier

« Bonjour Jackie, j’adore votre foulard ! » Une salutation qui en dit long sur l’ambiance du quartier. Dans la rue Saulnier (IXe), à deux pas des Folies‑Bergère, Manija sourit, fait un coucou, commente un bouquet : sa pizzeria est déjà devenue un petit lieu de voisinage, nichée dans un ancien atelier de bijoux qui ne fait pas vingt mètres carrés. À 39 ans, la restauratrice connaît les visages du coin et les appelle par leur prénom.

Transformer un ancien atelier en pizzeria

Manija a ouvert Pizza Sorelle à la fin de 2024 et a transformé cet espace exigu en comptoir chaleureux où l’on vient autant pour la pâte que pour la conversation. Les gestes sont simples — un salut, un compliment, une pizza que l’on partage — mais la scène cache un pari personnel. Installer un restaurant dans un local minuscule, à la fois si proche du théâtre et si discret, demande du courage et du doigté : elle a mis la cuisine au cœur d’un quartier qui reconnaît vite les siens.

D’une carrière diplomatique à la cuisine

Originaire du Tadjikistan, Manija a une trajectoire qui surprend. Ancienne diplomate, elle a quitté son pays natal en 2008 avant de se consacrer à sa première passion : la cuisine. Ce basculement, de la diplomatie aux fourneaux, explique le mélange de discipline et de chaleur humaine qu’elle met dans sa pizzeria : précision du geste, attention à l’autre, silhouette d’une patronne qui connaît le nom de chacun.

Manija, 39 ans, a quitté le Tadjikistan en 2008.
Pizza Sorelle a ouvert rue Saulnier (IXe) à la fin de 2024 dans un ancien atelier de bijoux.

Menaces, urgence et attachement du quartier

Aujourd’hui pourtant, le projet vacille. Le restaurant est menacé. Les raisons — économiques, administratives ou autres — ne changent rien à l’urgence que ressentent ses habitués : perdre cet endroit, c’est perdre un morceau du tissu du quartier. Quand une petite table se transforme en point de rencontre, sa disparition se mesure en visages et non en chiffres.

La scène finale est simple mais frappante : Manija continue d’accueillir, de rire et de complimenter, comme si chaque geste pouvait recoller les morceaux. C’est la force des petits commerces — fragiles mais essentiels — qui rendent une rue vivante. Et pour comprendre ce qui est en jeu, il suffit d’observer : un comptoir trop petit pour un tel attachement.

Publié le : 14 mars 2026
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