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Au procès de la DZ mafia, les avocats dénoncent « terroristes »

Avocats au procès de la DZ mafia, debout devant le tribunal, dossiers en main et micros devant eux
Mise à jour récente

Verdict rendu le 14 avril 2026.

  • Gabriel Ory condamné à 25 ans de prison.
  • Amine Oualane acquitté.
  • Lors de leurs derniers mots, les accusés ont dénoncé un procès « politique ».
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La salle d’audience transformée en scène tendue à Aix

La salle d’assises d’Aix-en-Provence ressemble à un théâtre où l’on n’ose plus applaudir. Les bras sont croisés sur la rambarde, les visages tendus ; dans le box des accusés, on écoute comme si chaque souffle pouvait faire basculer le verdict. Me Fabian Lahaie, avocat de la défense, décrit « la peur » devenue l’invitée permanente de l’audience et se déplace dans le prétoire avec l’assurance d’un escrimeur, choisissant ses attaques au millimètre.

Présence intimidante et noms chuchotés dans la salle

Devant lui, des hommes en noir encagoulés sont postés dans la salle. La robe noire n’hésite pas à se placer face à son client, et face aux autres « gros poissons » que la justice tient pour responsables du réseau. Amine Oualane et Gabriel Ory figurent parmi les noms prononcés à voix basse par les témoins et à voix haute par la défense ; ils sont présentés comme les leaders présumés de la DZ mafia.

La peur comme obstacle à la parole et à la vérité judiciaire

Plus qu’un décor, l’intimidation a pesé sur le procès. Plusieurs témoins ont refusé de répondre à une convocation, la peur les ayant paralysés. L’un d’eux a même écrit qu’il préférait « prendre une amende plutôt qu’une balle ».

Me Lahaie a utilisé ces absences comme un argument central : quand les personnes clés se taisent sous la menace, comment reconstituer une vérité judiciaire solide ? Le dossier l’a transformé en plaidoyer contre l’omerta.

Les allées de la salle résonnent d’un constat simple et brutal : la peur a vidé le banc des témoins, et c’est elle qui trahit la dimension collective du risque. La défense montre que le procès ne se déroule pas dans le calme ordinaire d’une salle d’audience, mais sous l’ombre d’une contrainte qui empêche la parole de circuler.

Attente du verdict et poids du silence

Le verdict est attendu ce mardi 14 avril 2026. Amine Oualane et Gabriel Ory sont les leaders présumés de la DZ mafia.

À quelques heures de la décision, le théâtre judiciaire garde ses tensions : les avocats cherchent à transformer l’émotion en droit, les juges à préserver l’impartialité, et les accusés à contenir un monde extérieur qui, selon eux, force le silence. Dans cette atmosphère, chaque mot compte, chaque silence pèse, et la confiance dans le processus judiciaire est aussi jugée que les personnes sur le banc.

Publié le : 14 avril 2026
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