BUENODIA

Les propriétaires contre la prolongation des baux : « Ça finira au tribunal »

Propriétaires réunis devant un immeuble, discutant et brandissant des documents sur la prolongation des baux

Prolongation automatique des baux jusqu'au 31 décembre 2027

Le gouvernement a promulgué un décret pour limiter l’impact économique de la guerre au Proche‑Orient : toutes les baux de logement qui expirent avant le 31 décembre 2027 peuvent être prolongés de deux ans aux mêmes conditions.

Le texte est en vigueur depuis le 22 mars, mais il risque fort de ne pas être entériné au Congrès des députés et de tomber lors du vote, prévu fin avril. Pourtant, les locataires peuvent verrouiller cette prorogation s’ils la demandent à leur propriétaire avant ce scrutin — même si leur contrat arrive à échéance après la date de validation parlementaire. C’est cette fenêtre qui déclenche une véritable course.

Propriétaires en colère et risques juridiques

Les propriétaires, eux, fulminent. Miguel Ángel Sánchez Fraile, secrétaire général de la Confederación de Cámaras de la Propiedad Urbana (CPU), dénonce « une grande insécurité juridique » créée par des mesures prises à coups de décret‑loi et prédit une hausse des contentieux.

Selon la CPU et l’Association des propriétaires (ASVAL), la combinaison d’un plafonnement des revalorisations à 2 % et d’une imprévisibilité sur la durée des baux réduit la rentabilité des biens et pousse certains propriétaires à retirer leurs logements du marché. José María Alfaro, président de la Fédération des associations immobilières (FAI), confirme que des bailleurs appellent déjà pour savoir quand leur contrat prend fin — avec l’idée, pour beaucoup, de ne pas renouveler.

Petits propriétaires pris entre coûts et bureaucratie

Sur le terrain, la colère se mêle aux calculs. Raúl, petit propriétaire madrilène qui loue six appartements, dit avoir renoncé à transformer une ancienne usine en plusieurs logements à louer à cause de la bureaucratie, du manque d’artisans et « des garanties faibles » des locations, qui « rapportent peu ».

Il a finalement accepté d’étendre un contrat avec une hausse limitée à 2 % au lieu d’un ajustement selon l’IPC, mais assure que la mesure frappe d’abord les petits propriétaires et pourrait les pousser à vendre.

Locataires et juristes : agir maintenant

Du côté des locataires et des juristes, on exhorte à agir vite. Elena Herranz, avocate spécialisée chez Legálitas, affirme que « tous les locataires qui ont demandé la prorogation extraordinaire pendant la période de validité du décret ont la sécurité juridique que la prorogation sera maintenue ».

Les associations de consommateurs et le Sindicato de Inquilinas vont dans le même sens : « Si j’étais locataire, je me battrais », déclare Patricia Suárez d’Asufin. Valeria Racu, porte‑parole du Sindicato, insiste : « Toutes les prorogations demandées pendant la durée du décret seront valables. Il est très important que tout le monde envoie maintenant la communication. » Le collectif a même lancé une page d’information pratique (poderinquilino.org) pour expliquer la procédure.

Situation légale et perspectives si le Congrès rejette

Le décret s'applique aux contrats de location arrivant à échéance avant le 31 décembre 2027. Le décret est en vigueur depuis le 22 mars et risque d'être rejeté au vote de la chambre basse fin avril.

Qu’adviendra‑t‑il ensuite ? Si le Congrès refuse l’entérinement, la querelle se poursuivra devant les tribunaux — et, entre propriétaires inquiets et locataires décidés, la bataille juridique promet d’être longue.

Publié le : 2 mai 2026
link