
Un appel à témoins a été lancé fin août 2025 par l’évêque de Nantes, Laurent Percerou. À ce jour, 81 signalements d’abus sexuels au sein du collège Saint-Stanislas, un établissement catholique de Nantes, ont été reçus par la justice. Le procureur de la République, Antoine Leroy, a confirmé cette information au Parisien.
Les 81 signalements d’abus sexuels proviennent de courriers adressés par les victimes ou leurs proches. « La totalité des faits ont été commis entre les années 1960 et les années 1990 », précise le procureur. Ces faits incluent des agressions sexuelles et des viols.
Selon Antoine Leroy, « la totalité des victimes sont des hommes qui avaient entre 10 et 15 ans » au moment des faits. Huit prêtres ayant travaillé dans l’établissement ont été identifiés, mais tous sont décédés. De plus, l’ensemble des faits rapportés sont prescrits, le délai étant de 10 ans à l’époque, ce qui signifie qu'il n'y aura pas de suites judiciaires.
Néanmoins, le procureur affirme que « nous devions vérifier chaque histoire ». Dominique Pervenche, le directeur de l’établissement entre 1978 et 1999, est soupçonné d'avoir couvert ces agissements et d'être lui-même auteur d’agressions sexuelles.
Dominique Pervenche a été entendu au commissariat de Nantes sans être placé en garde à vue. Il a été mis en cause par une personne dont les faits ne peuvent pas être caractérisés comme des agressions sexuelles ou des viols. Il conteste ces accusations et estime que son établissement n'est pas un lieu où de tels actes auraient pu se produire.
L’appel à témoignages du diocèse a été lancé suite à un courrier reçu d'une famille. Un homme de 46 ans, qui s'est suicidé à l'été 2024, avait expliqué avoir été victime « d’infractions à caractère sexuel » commises par un surveillant lorsqu'il était interne.
Cette plainte a été classée sans suite, selon le procureur. L’association France Victimes doit désormais contacter toutes les victimes ayant envoyé un signalement pour les mettre en relation avec l’Instance nationale indépendante de reconnaissance et de réparation pour les personnes victimes de pédocriminalité dans l’Église (l’Inirr).
Dans les cas où les proches ont révélé les faits, ils seront invités à se rapprocher de l’association France Victimes. En plus des témoignages concernant le collège Saint-Stanislas, 21 autres signalements ont été recueillis par le procureur de Nantes, dont quinze concernent d'autres établissements.
« Des auditions vont être menées car nous sommes face à des faits potentiellement non prescrits », précise le procureur. Les six autres courriers sont traités par d'autres tribunaux, notamment celui de Saint-Nazaire. Cette situation souligne l'importance de l'écoute et du soutien aux victimes d'abus.
Les signalements d'abus au sein du collège Saint-Stanislas mettent en lumière des faits graves et la nécessité d'une réparation pour les victimes. L'enquête en cours et le soutien des associations sont essentiels pour faire face à ces tragédies. Il est crucial de continuer à écouter et à protéger les victimes.