
Le 9 mai prochain, Santé Québec prévoit de lancer le Dossier santé numérique (DSN) dans les établissements de la Mauricie, du Centre‑du‑Québec et du Nord‑de‑l'Île‑de‑Montréal. Le conseil d'administration a donné son feu vert, mais le déploiement reste conditionnel: plusieurs garanties doivent encore être réunies.
Seuls trois indicateurs restent à valider pour autoriser l'ouverture. Il s'agit de la gestion des accès (le processus de connexion des utilisateurs), du centre de services chargé du soutien aux équipes et de la formation des médecins. Un bilan récent montre une nette amélioration: le 9 avril, huit feux jaunes bloquaient encore le projet; le 12 mars, on comptait même deux rouges et douze jaunes.
Le taux de formation inquiète. Au 21 avril, 41 % des médecins du CIUSSS du Nord‑de‑l'Île‑de‑Montréal n'avaient pas complété leurs modules; cette proportion descend à 27 % pour la Mauricie et le Centre‑du‑Québec. Le DSN doit d'abord être déployé en projet pilote dans deux CIUSSS.
La première ministre Christine Fréchette a résumé la position du gouvernement: « il nous reste quelques petites exigences à rencontrer avant d'autoriser le déploiement du DSN ». Elle a ajouté que, sans garanties concrètes, le lancement n'aura pas lieu.
De son côté, la ministre de la Santé Sonia Bélanger a précisé qu'elle n'accorderait pas son aval sans recommandations formelles de la présidente de Santé Québec, du conseil d'administration et du comité de vigie mis en place avec le ministère de la Cybersécurité et du Numérique. La ministre s'est rendue sur le terrain jeudi soir pour évaluer l'avancement des préparatifs.
Le DSN vise à centraliser les données médicales des Québécois sur une plateforme en ligne pour remplacer le papier et les télécopieurs et accélérer le travail des équipes soignantes. Mais le projet suscite de fortes inquiétudes parmi le personnel: beaucoup craignent de ne pas être prêts pour la date annoncée. L'ancien ministre de la Cybersécurité et du Numérique, Gilles Bélanger, a aussi exprimé des réserves sur la protection des données plus tôt ce mois-ci.
Pour limiter les risques, Santé Québec suit les recommandations du fournisseur Epic Systems et prévoit une baisse significative des activités cliniques pendant quatre semaines — deux avant et deux après la mise en service. Les réductions, progressives, iront de 25 à 50 % pour les soins non urgents entre la semaine du 27 avril et celle du 18 mai. Un total de 862 chirurgies non urgentes seront annulées.
Le 9 mai servira de test: si les conditions ne sont pas réunies, le projet ne sera pas lancé, ont averti les autorités. Le calendrier est fixé, mais la décision finale dépendra des derniers signaux.