
Dès le jeudi 21 mai, la France bascule d’un week-end d’Ascension exceptionnellement frais — neige jusque dans les Pyrénées — à une poussée de chaleur précoce et durable. Les 30 °C vont être franchis sur une grande partie du pays en quelques jours, avec des pointes localement à 32 °C. Le Sud-Ouest sera le plus concerné : le thermomètre pourrait grimper jusqu’à 35 °C dans le sud de l’Aquitaine vendredi.
Le Sud-Ouest pourrait atteindre 35 °C vendredi. Les 30 °C seront dépassés dès le jeudi 21 mai sur une large partie du pays.
Le scénario s’explique par une large zone anticyclonique qui se renforce sur l’Hexagone et laisse remonter une masse d’air subtropical en provenance d’Afrique, via la péninsule ibérique. Météo France prévoit un ensoleillement généralisé et des températures en nette hausse : 25 °C jusqu’à la Seine jeudi, 30 °C déjà atteints en Aquitaine, et des premiers 30 °C annuels pour des villes comme Bordeaux, Biarritz, Agen ou Toulouse.
La prévision a évolué ces dernières heures. On tablait d’abord sur un pic bref jeudi-vendredi suivi d’un refroidissement lié à une goutte froide; ce scénario se dérobe désormais. « Cette tendance très chaude et globalement sèche pourrait persister jusqu’en fin de mois », avertit Météo France dans son bulletin, laissant planer l’hypothèse d’une période estivale prolongée à l’aube de la Pentecôte.
Le pic pourrait frôler des seuils de canicule, mais sans forcément les franchir partout. « On va vivre quelque chose de difficilement concevable : à quelques degrés près, certaines régions de France frôlent des seuils de canicule… en plein mois de mai », estime Serge Zaka, ingénieur agronome et spécialiste en agroclimatologie. Il rappelle qu’on parle de canicule lorsque la nuit dépasse 20 °C et que le jour atteint 34 °C pendant trois jours consécutifs — critère qui, pour l’instant, ne devrait pas être rempli dans les Pyrénées-Atlantiques.
Pour mesurer l’ampleur du phénomène, Zaka a fouillé les archives : il relève des épisodes comparables en mai 1922 (21–31 mai), en mai 1945 (12–18 mai) et fin mai–début juin 1947 (28 mai–3 juin), avec plusieurs journées à plus de 30 °C à Pau lors de ces vagues. Sur Twitter, il évoque une durée encore incertaine — « au moins 10 jours ? » — mais insiste sur le caractère inhabituel de valeurs parfois supérieures à celles observées au cœur d’étés du siècle dernier.
En pratique, les régions concernées doivent s’attendre à un temps sec et ensoleillé, et à des températures largement supérieures aux normales saisonnières. Reste à suivre l’évolution des modèles : la chaleur est là, sa durée l’est moins.