
Le projet de loi-cadre pour le développement des transports sera présenté le mercredi 11 février en Conseil des ministres. Cette annonce a provoqué une inquiétude parmi les usagers des transports en commun. En effet, une alerte rouge a été lancée concernant le doublement potentiel des tarifs, une option mentionnée dans l’étude d’impact qui accompagne le texte.
Un haut fonctionnaire du ministère de l’Économie et des Finances a confirmé que cette hypothèse a été envisagée. Il se demande si cela pourrait être un moyen de tester la réaction de l’opinion publique. Face à cette controverse, Sébastien Lecornu a demandé à ses ministres de rétablir les faits et de calmer le jeu.
Philippe Tabarot, le ministre des Transports, a été l'un des premiers à s'exprimer. Il a catégoriquement nié l’intention de doubler les tarifs des transports en commun, qualifiant cela de FAKE NEWS sur son compte X. Il a rappelé que l'État subventionne en moyenne les trois quarts du prix du billet, ce qui signifie que l’usager ne paie qu’un quart, l'une des parts les plus faibles d'Europe.
Maud Bregeon, porte-parole du gouvernement, a également affirmé que le gouvernement n’a aucune intention d’augmenter les tarifs. Cependant, le texte du ministère des Transports prévoit une indexation automatique des tarifs sur l’inflation, ce qui pourrait entraîner des ajustements annuels.
Cette indexation, prévue à l’article 11, incite les autorités organisatrices de la mobilité (AOM) à actualiser leurs tarifs chaque année. Philippe Tabarot a souligné que l’objectif est de stabiliser cette part en l’indexant sur l’évolution des prix. Cela permettrait aux pouvoirs publics de continuer à financer les investissements dans les transports en commun.
En Île-de-France, une mesure similaire est déjà en place. L’évolution tarifaire pour 2026 sera de « l’inflation + 1 % », entraînant une hausse d’environ 2 euros par mois pour un abonnement Navigo annuel. Ainsi, les collectivités restent libres d’appliquer ou non cette indexation.
La Fédération nationale des associations d’usagers des transports (FNAUT) soutient l’article 11, affirmant que cette mesure est essentielle pour répondre aux besoins financiers des AOM. François Delétraz, président de la FNAUT, a souligné que cet argent est indispensable pour améliorer l’offre de transport et favoriser un report modal vers le train.
Certaines AOM envisagent même cette loi comme un moyen de justifier leurs augmentations de tarifs. Un élu en région a confié que cela pourrait leur permettre de s'abriter derrière la loi pour justifier des hausses.
Le gouvernement tente d’éteindre le feu d’une possible augmentation des tarifs des transports. Cependant, le haut fonctionnaire de Bercy a averti que le risque d'une hausse supérieure à l'inflation pourrait encore persister. L’hypothèse d’une forte hausse des prix des billets, mentionnée dans l’étude d’impact, n’est donc pas à négliger.