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Trump dîne avec les journalistes qu’il a attaqués

Trump assis à table lors d’un dîner avec des journalistes, échangeant des propos dans une salle éclairée.

Une présence calculée à la Maison Blanche

Il ira serrer des mains et plaisanter derrière un pupitre face à des journalistes qu’il a passés la semaine à dénigrer. Le président assistera au dîner des correspondants de la Maison Blanche samedi soir — une apparition très calculée et d’autant plus discordante que, ces cinq derniers jours, ses attaques contre la presse ont été particulièrement virulentes.

Pourquoi il hausse le ton et ce qu’il dit

Il a expliqué pourquoi : frustré de la manière dont la guerre avec l’Iran est couverte, il accuse les médias de minimiser ses succès. Il a écrit sur Truth Social lundi : « Je gagne une guerre, DE LOIN. » Et il a ajouté que « si vous lisez les fausses informations, vous auriez l’impression que nous la perdons. »

Les cibles nommées et les accusations

Cette rage publique s’est déclenchée en cascade : il a traité The Wall Street Journal de journal perdu de vue, attaqué The New York Times et déclaré que The Washington Post était « maintenant presque défunt, heureusement ». Il a même visé Rupert Murdoch, qualifié d’ami‑ennemi. Dans son récit, la couverture médiatique n’est pas seulement incorrecte : elle serait « anti‑américaine » et « enracinée pour que l’Iran gagne », et ceux qui la produisent, selon lui, seraient « des gens non patriotes ».

Contraste entre invectives et cérémonial

Il a peu épargné les titres historiques et a usé d’un ton méprisant — surnoms, majuscules et invectives politiques — alors même qu’il se prépare à poser pour des photos et à saluer des lauréats. Le contraste est volontaire : d’un côté, la posture du chef de l’exécutif en campagne qui assigne ses ennemis médiatiques; de l’autre, l’exact rituel social qui célèbre ces mêmes institutions.

Passé, défense officielle et les attentes pour la soirée

Il n’a pas assisté au dîner pendant les quatre années de son premier mandat; la dernière fois qu’il y est allé, c’était en 2015. La porte‑parole de la Maison Blanche, Karoline Leavitt, a défendu sa présence, assurant que « le président attend cela avec impatience » et promettant un discours « très divertissant » — « alors tout le monde devrait regarder ! » a‑t‑elle dit.

Au fond, la soirée promet d’être moins un moment de réconciliation que de mise en scène. L’administration cherche à capitaliser sur la vitrine tout en gardant la ligne combative : s’asseoir à la même table que ses critiques sans renoncer à les régler publiquement. Pour les journalistes présents, il s’agira de sourire, d’écouter, et peut‑être de noter si le ton change — ou si, au contraire, l’attaque continue au lendemain.

Publié le : 26 avril 2026
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