
Le « Projet liberté » de Donald Trump aura vécu l’espace d’un sursaut : activé lundi pour escorter des navires dans le détroit d’Ormuz, il a été suspendu mardi 5 mai dans la soirée, après à peine plus d’une journée d’activité. Motif donné par l’administration : des progrès dans les négociations avec l’Iran qui rendent utile une pause pour tenter de conclure un accord.
Sur son réseau Truth Social, le républicain a expliqué que, « compte tenu des grands progrès accomplis en vue d’un accord complet et définitif avec les dirigeants iraniens », le Projet liberté « sera suspendu pendant une courte période afin de voir si l’accord peut être finalisé et signé ». Il a toutefois précisé que le blocus américain des ports iraniens, entré en vigueur le 13 avril, restait maintenu. Selon lui, cette suspension a été décidée « à la demande du Pakistan et d’autres pays ».
Le geste est tactique autant que politique. Lancé pour permettre à des centaines de navires bloqués dans le Golfe de franchir en sécurité le passage, le dispositif devait répondre à la prise de contrôle par Téhéran d’un point névralgique du commerce mondial.
Le détroit d’Ormuz est un passage stratégique pour le commerce mondial d’hydrocarbures. Depuis le 28 février, date à laquelle les États‑Unis et Israël ont lancé des opérations contre l’Iran, Téhéran exerce un contrôle renforcé sur ce corridor maritime.
La suspension laisse autant de questions que d’opportunités. D’un côté, elle offre une fenêtre diplomatique pour transformer des discussions en accord tangible ; de l’autre, elle maintient la pression économique via le blocus des ports. Pour les armateurs coincés dans le Golfe, l’arrêt momentané de l’escorte peut être vu comme une trêve fragile plutôt qu’une garantie durable de sécurité.
En clair : l’opération a été mise en pause, pas annulée. Les contours réels d’un éventuel accord avec Téhéran et la durée de cette pause détermineront si la manœuvre présidentielle était une ouverture sincère à la négociation ou un simple répit tactique. Le monde observe : une trêve fragile peut basculer vite en nouvelle escalade si les engagements ne sont pas rapidement précisés et mis par écrit.