
Le Tribunal supérieur de justice de Navarre a admis le recours contentieux du Conseil municipal de Tudela contre le Gouvernement foral. Motif : l'exécutif n'a pas répondu, dans les délais légaux, à la demande de la mairie d'annuler la résolution du 5 novembre qui accordait à la société Nilsa une Autorisation environnementale intégrée pour étendre la station de traitement des boues de la STEP de Tudela.
La résolution du 5 novembre autorise Nilsa à étendre la station de traitement des boues et ouvre la voie à la construction d'une méga‑usine de biogaz à moins d'un kilomètre du centre urbain de Tudela. Le dossier a été inscrit, en parallèle, dans une pièce distincte visant à obtenir des mesures conservatoires pour suspendre cette décision prise quelques jours avant l'entrée en vigueur d'une nouvelle loi instaurant une moratoire pour ce type d'installations.
Le maire de Tudela, Alejandro Toquero (UPN), présente le recours comme l'ultime riposte face à ce qu'il qualifie d'autorisation « express, infâme et bâclée ». « Porter de nouveau le Gouvernement de Navarre devant les tribunaux est la seule option que nous ont laissée la présidente María Chivite et son conseiller et président de Nilsa, Óscar Chivite », affirme‑t‑il. Selon la mairie, l'autorisation a été délivrée à la hâte afin d'éviter que le projet de méga‑usine ne soit rattrapé par la moratoire votée fin octobre par le Parlement foral.
La contestation ne vient pas que de l'hôtel de ville. Toquero souligne que des collectifs écologistes et la Confédération hydrographique de l'Èbre (CHE) ont également mis en cause la décision, estimant que leurs compétences ont été empiétées — tout comme celles de la mairie de Tudela. Ces critiques renforcent l'argument juridique de la ville : la procédure aurait éludé des contrôles essentiels et favorisé un calendrier politique plutôt qu'une évaluation environnementale rigoureuse.
Malgré l'affrontement, la mairie se dit ouverte à une alternative. Toquero assure avoir déjà proposé des solutions « mais nous n'accepterons jamais l'imposition ni le mépris » dont, selon lui, auraient fait preuve María et Óscar Chivite envers les habitants. Il reproche aussi au PSN et à Contigo Tudela d'avoir défendu « l'indéfendable » au lieu de prioriser l'intérêt local, par peur de déplaire aux instances à Pampelune.
La bataille judiciaire s'annonce décisive pour l'avenir industriel et environnemental de la zone. Si les mesures conservatoires sont accordées, la résolution de novembre restera en suspens et le projet de méga‑usine pourra être gelé jusqu'à ce que le tribunal statue sur le fond.