
Le 6 mai 2026, l'Ukraine a accusé la Russie d'avoir rompu le cessez‑le‑feu unilatéral déclaré pour le Jour de la Victoire.
Les attaques rapportées ont fait 28 morts.
Vladímir Poutine a décrété une trêve unilatérale de 48 heures à partir de minuit jeudi, pour laisser place aux célébrations du 9 mai. Le ministère russe de la Défense précise que les hostilités — bombardements de missiles, armement de haute précision et longue portée, tirs d’artillerie et attaques par drones — seront suspendues jusqu’à la fin des commémorations samedi, à l’occasion du 81e anniversaire de la victoire sur l’Allemagne nazie.
Le rythme est posé, mais la tension ne s’efface pas pour autant. Moscou a prévenu que toute tentative d’« entacher » la fête serait punie par une riposte massive contre le centre de Kiev, et a recommandé aux habitants et au personnel diplomatique d’évacuer la capitale ukrainienne. Le Kremlin accuse en outre Volodymyr Zelensky d’avoir menacé d’attaquer Moscou avec des drones à l’occasion du 9 mai.
Zelensky a balayé ces accusations tout en gardant la porte ouverte à une réponse mesurée. « L’Ukraine agira de manière juste, jour après jour », a-t-il déclaré jeudi, ajoutant que la Russie continue de tuer des civils tout en s’obsédant de quelques heures de trêve. Lors d’un discours à la réunion de la Communauté politique européenne en Arménie, il avait aussi noté que la Russie a annoncé un défilé du 9 mai à Moscou «sans équipement militaire», une première depuis de nombreuses années, et qu’elle semble craindre que des drones ne survolent la Place Rouge.
La mise en scène du 9 mai reste donc un enjeu politique et symbolique autant que militaire. Le Kremlin annonce des mesures de sécurité renforcées pour protéger Poutine durant ces jours, et confirme que le Premier ministre slovaque Robert Fico le rencontrera — sans pour autant participer au défilé. Seuls trois dirigeants étrangers sont attendus sur la Place Rouge : les présidents biélorusse, malaisien et laotien, selon Moscou.
La trêve unilatérale rappelle néanmoins un précédent récent : en avril, Kiev avait accepté une suspension des combats pour Pâques orthodoxe. L’an passé, malgré l’absence d’un accord formel, l’Ukraine avait respecté la commémoration et la Russie avait organisé un grand défilé pour le 80e anniversaire, qui avait attiré une trentaine de chefs d’État.
La vraie question reste celle des intentions réelles : s’agit-il d’un geste temporaire pour désamorcer symboliquement le 9 mai, ou d’une pause tactique dans une guerre qui reprendra dès samedi ? Les prochains jours diront si la trêve sera observée — ou si elle ne sera qu’un répit fragile au milieu du fracas.