
Moins d’une semaine après le pacte scellé en Estrémadure, le Parti populaire (PP) et Vox ont officialisé, mercredi, leur alliance pour gouverner l’Aragón. Jorge Azcón sera investi président avec l’appui d’Alejandro Nolasco ; Vox obtient la vice-présidence première — liée à un ministère encore à préciser —, trois consejerías (Déréglementation, Environnement et Agriculture) et un sénateur régional.
En Aragón, le PP passe de 28 à 26 sièges. Vox double ses députés, de 7 à 14. La coalition dépasse de six sièges la majorité absolue nécessaire : sans cette addition, aucune autre combinaison parlementaire n’aurait permis de gouverner. Après plus de soixante-dix jours depuis le scrutin et à peine deux semaines avant l’échéance pour former un exécutif, les partenaires ont donc cédé au calcul arithmétique.
Les négociations n’ont pas été un long fleuve tranquille. Azcón, qui au départ souhaitait arracher une majorité absolue pour éviter d’ouvrir la porte à Vox, a fini par négocier sous la contrainte des chiffres. La croissance de Vox en Estrémadure — de 5 à 11 sièges — et son bond en Aragón ont renforcé sa position : le parti d’Abascal revendiquait un « poids politique » accru. Vox a exigé la présence de Génova à la table des négociations ; Miguel Tellado devait négocier côté PP, avec la supervision de cadres de Vox comme Montserrat Lluis, Carlos Hernández Quero ou José María Figaredo.
Pour autant, des sources populaires assurent qu’Azcón « a eu toute autonomie » pour façonner son gouvernement, même si la direction nationale du PP a joué un rôle d’interlocuteur et d’aval permanent. Le rythme des pourparlers a été ralenti par des facteurs extérieurs : la campagne de Castilla y León, où Vox n’a pas confirmé l’explosion attendue le 15 mars, et l’accord que l’on souhaitait officialiser d’abord en Estrémadure. Le 8 avril, un rapprochement public a eu lieu à Saragosse ; moins d’une semaine après la signature estrémadurienne, Azcón et Nolasco ont finalement paru ensemble pour entériner l’accord.
Le pacte aragonais a une portée qui dépasse la région : il redonne à Vox le statut de faiseur de rois au niveau local et sert d’épreuve générale avant deux échéances majeures. Les regards se tournent maintenant vers Castilla y León — où Mañueco doit boucler un accord avant juillet — et l’Andalousie, dont les élections auront lieu le 17 mai. Pour Vox, l’objectif reste identique : être, encore une fois, l’acteur incontournable de la gouvernabilité.
| Critère | Aragón | Extremadura |
|---|---|---|
| Vox — sièges (avant → après) | 7 → 14 | 5 → 11 |
| Vox — pourcentage de vote | 17,88% | 16,90% |
| Accord gouvernemental — concessions à Vox | Vice‑présidence première (avec consejería à déterminer), consejerías de Desregularización, Medio Ambiente et Agricultura, plus un sénateur autonómico | Non précisé dans le texte |
| PP — sièges (avant → après) | 28 → 26 | Non précisé dans le texte |