Faits Divers 28 septembre 2026

Meurtre de Federico Martín Aramburú à Paris : 26 ans pour Le Priol, 19 ans pour Bouvier

Aleksandr Zykov from Russia / Wikimedia Commons (CC BY-SA 2.0)

La cour d’assises de Paris a condamné, vendredi 25 septembre au soir, Loïk Le Priol et Romain Bouvier à 26 et 19 ans de réclusion criminelle pour les tirs ayant coûté la vie à l’ancien international argentin Federico Martín Aramburú, abattu boulevard Saint‑Germain (Paris) le 19 mars 2022. Après trois semaines de procès et plus de 11 heures de délibéré, la juridiction n’a pas retenu la préméditation, mais a écarté la légitime défense et l’absence d’intention homicide avancées par la défense.

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Ce qui s’est joué au procès : préméditation écartée, intention homicide retenue

Au cœur des audiences, deux questions ont dominé : la préméditation — finalement non retenue — et le récit des accusés, qui ont assuré n’avoir jamais voulu tuer. Les jurés ont cependant suivi une ligne de condamnation lourde : Loïk Le Priol, 32 ans, a été reconnu coupable de meurtre (sans préméditation), et Romain Bouvier, 35 ans, de tentative de meurtre.

À l’audience, Romain Bouvier a reconnu avoir tiré, tout en parlant de « maladresse » et en répétant qu’il n’avait « jamais voulu tuer » Federico Martín Aramburú. Loïk Le Priol a, lui, invoqué la religion dans ses derniers mots — « Je suis chrétien comme vous » — et a évoqué la présence du pape à Paris « aujourd’hui », en disant espérer un jour être pardonné par la famille.

Les débats ont aussi porté sur le profil des deux hommes, décrits comme issus de la mouvance d’ultradroite gravitant autour de l’organisation étudiante dissoute GUD (Groupe Union Défense), et présentés comme fascinés par les armes et la violence. La cour a insisté sur ce qu’elle a qualifié d’« alchimie funeste » du duo, et sur une intention homicide ne laissant, à ses yeux, « aucun doute ».

Retour sur les faits : une altercation puis dix tirs boulevard Saint‑Germain

Les faits jugés remontent à la fin de nuit du 19 mars 2022, dans le 6e arrondissement. Federico Martín Aramburú, 42 ans, ancien trois‑quarts du Biarritz Olympique et des Pumas argentins, se trouvait boulevard Saint‑Germain avec Shaun Hegarty (également cité comme Shaun Egarty selon les récits d’audience), ancien coéquipier. Une première altercation éclate avec Loïk Le Priol et Romain Bouvier, alors accompagnés de la petite amie de Loïk Le Priol.

Peu après, Romain Bouvier tire en premier et blesse Aramburú, puis Loïk Le Priol fait à son tour usage de son arme. Au total, dix balles sont tirées — l’intégralité d’un chargeur, ont relevé les débats — et Federico Martín Aramburú meurt sur place. Des images de vidéosurveillance ont été versées au dossier, les tirs ayant été filmés.

Devant la cour, les deux accusés ont décrit un enchaînement de panique, de « peur » et d’« effet tunnel » dans un contexte de bagarre, en expliquant avoir cru être en danger face à Aramburú et son ami. La thèse de la légitime défense a été plaidée, mais n’a pas convaincu la cour.

Des peines lourdes aussi pour deux autres prévenus jugés dans le dossier

Le dossier ne se limitait pas aux deux tireurs. Deux autres personnes comparaissaient également : l’ancienne compagne de Loïk Le Priol (29 ans au moment du verdict) et un autre ancien militant d’ultradroite (37 ans). Tous deux ont été condamnés à des peines de prison assorties de sursis : 3 ans dont deux ans et demi avec sursis pour la première, et 3 ans avec sursis pour le second.

L’ancienne compagne de Loïk Le Priol risquait très lourd — elle encourait la réclusion criminelle à perpétuité pour tentative de complicité d’assassinat — notamment parce qu’elle se trouvait au volant du véhicule (une Jeep) dont est descendu Romain Bouvier avant de tirer. À l’issue des débats, la qualification la plus grave n’a pas été retenue à son encontre, la cour la condamnant notamment pour des faits liés à la dissimulation de preuves et à l’altération de la scène de crime.

Ce que cela change pour les Franciliens : un verdict très attendu après un crime choc au cœur de Paris

Ce verdict marque une étape judiciaire importante dans une affaire qui avait profondément marqué la capitale : un homicide par arme à feu en plein Paris, boulevard Saint‑Germain, à proximité de lieux très fréquentés, sur fond de rixe nocturne. Le crime avait aussi ravivé, dès 2022, le débat sur la violence de l’ultradroite et la circulation d’armes, puisque les accusés ont été présentés comme des militants de cette mouvance et amateurs d’armes.

Pour les habitants et usagers du quartier (6e arrondissement, autour de Saint‑Germain‑des‑Prés), le verdict referme une séquence judiciaire très médiatisée, tout en rappelant la réalité de faits de violence grave dans des zones nocturnes animées. Le jugement rappelle également qu’au-delà des récits de panique et d’alcool avancés durant les audiences, la juridiction a retenu une intention homicide et a écarté les arguments de légitime défense.

Du côté des proches de la victime, présents à l’énoncé de la décision, la réaction publique a été celle d’un soulagement. La mère de Federico Martín Aramburú a déclaré en espagnol : « je ne comprends pas que des gens avec de tels passifs aient pu être dehors et agir ainsi, mais je suis soulagée qu’ils soient maintenant hors d’état de nuire ». La famille, venue d’Argentine (épouse, fille, parents), était soutenue par de nombreux proches et par plusieurs personnalités du sport venues assister au procès.

Repères utiles : dates, qualifications et peines

• Date des faits : 19 mars 2022, tôt le matin, boulevard Saint‑Germain (Paris). Federico Martín Aramburú avait prévu d’assister le soir même à un match France‑Angleterre du Tournoi des Six Nations.

• Verdict : vendredi 25 septembre au soir, après plus de 11 heures de délibéré, au terme de trois semaines de procès.

• Peines : Loïk Le Priol condamné à 26 ans de réclusion criminelle pour meurtre (sans préméditation). Romain Bouvier condamné à 19 ans de réclusion criminelle pour tentative de meurtre.

• Préméditation : non retenue par la cour.

• Autres condamnations : l’ancienne compagne de Loïk Le Priol (29 ans) condamnée à 3 ans dont deux ans et demi avec sursis ; un autre prévenu (37 ans) condamné à 3 ans avec sursis.

Sources

Synthèse réalisée par la rédaction Buenodia à partir des sources citées ci-dessus.