Canicule en Île-de-France : baignade à Pantin, pétition « pas de volets » et incendies à Fontainebleau
Entre appartements qui surchauffent, solutions de rafraîchissement qui s’organisent et tension maximale autour des feux en Seine-et-Marne, la canicule met l’Île-de-France à l’épreuve. Une pétition qui dépasse les 10 000 signatures relance le débat sur l’adaptation des logements à la chaleur, tandis qu’une nouvelle baignade ouvre à Pantin pour offrir une échappée fraîche aux habitants. Dans le même temps, l’enquête se poursuit après les incendies qui ont parcouru plus de 2 000 hectares près de Fontainebleau, avec plusieurs gardes à vue.
Logements : « pas de volets, pas de loyer », une pétition qui monte en région parisienne
Le sujet a pris de l’ampleur avec le témoignage de locataires confrontés à des températures étouffantes chez eux. En région parisienne, Paule, retraitée, explique vivre dans un appartement sans volets où la température intérieure avoisine 33°C dès le matin et monte jusqu’à 37°C le soir dans la chambre. Faute de moyens, elle dit improviser avec des couvertures de survie et un petit ventilateur, tout en évoquant des vertiges.
C’est dans ce contexte qu’une pétition intitulée « Pas de volets, pas de loyer » a été lancée sur Change.org en début de semaine. Elle totalise déjà plus de 10 400 signatures (comptage relevé un mercredi matin). Le texte pose la question de rendre obligatoires volets ou protections solaires, en s’appuyant sur des études indiquant que l’installation de volets ou stores peut faire gagner jusqu’à 5 degrés à l’intérieur d’un logement.
La pétition appelle aussi à la création d’un droit « à la suspension du loyer pour les locataires dont le logement est invivable ». Dans la foulée, l’association Droit au Logement (DAL) encourage une action de protestation : suspendre le prélèvement automatique du loyer pendant un mois. Son porte-parole, Jean-Baptiste Eyrault, met toutefois une limite : pas plus d’un mois, au-delà les locataires s’exposeraient à des procédures d’expulsion.
Le débat recoupe des propositions déjà formulées : il y a un an, la Fondation pour le Logement avait avancé une proposition de loi permettant aux locataires d’exiger de leur propriétaire l’installation de stores, de volets en bois et de brasseurs d’air. La fondation plaide aussi pour faciliter certaines règles patrimoniales encadrées par les Architectes des Bâtiments de France, simplifier les votes en copropriété pour la pose de ces équipements, et intégrer l’adaptation à la chaleur dans les politiques de rénovation énergétique. À ce stade, cette proposition de loi n’a pas été débattue au Parlement.
Se rafraîchir : une nouvelle baignade ouvre dans le canal de l’Ourcq à Pantin
Face à la chaleur, les collectivités multiplient aussi les solutions immédiates. Une nouvelle baignade ouvre à Pantin dans le canal de l’Ourcq, ce vendredi 10 juillet, au port de Pantin, à l’adresse suivante : 3 place Cécile Brunschvicg. Une inauguration est annoncée à 15h30.
Le dispositif est organisé par le département et la ville, en collaboration avec la préfecture et la ville de Paris. L’objectif est clair : proposer un point de rafraîchissement supplémentaire aux habitants pendant l’épisode de canicule.
Cette ouverture s’inscrit dans un réseau plus large de sites de baignade ou de rafraîchissement évoqués en Seine-Saint-Denis et autour de Paris : le festival Seine Commune à L’Île-Saint-Denis, une baignade dans la Marne à Neuilly-sur-Marne, mais aussi des lieux cités à Paris (canal Saint-Martin) et dans le Val-de-Marne (Joinville, Maisons-Alfort, Champigny, Saint-Maur). Pour les Franciliens, l’intérêt est double : disposer d’options de proximité selon son département, et répartir la fréquentation sur plusieurs sites lors des journées les plus chaudes.
Fontainebleau : plus de 2 000 hectares parcourus, plusieurs gardes à vue
En Seine-et-Marne, la canicule se combine avec un risque incendie élevé. Près de la forêt de Fontainebleau, les feux ont parcouru 2 050 hectares. Deux départs principaux sont mentionnés : un incendie déclaré dimanche dans le secteur de Noisy-sur-École, et un autre lundi chemin de la Faisanderie près de Fontainebleau.
Un homme de 46 ans a été interpellé mardi soir sur un parking interdit d’accès, dans une zone fermée au public en raison des incendies. Il a été placé en garde à vue pour tentative d’incendie. La police a retrouvé sur le siège arrière de son véhicule plusieurs boulettes de papier et un briquet. Il aurait forcé le ruban interdisant l’accès ; un couteau a aussi été retrouvé sur lui. Il réside à Montereau-Fault-Yonne.
Au total, quatre personnes restent en garde à vue dans l’enquête sur ces incendies. Deux hommes interpellés lundi pour deux départs distincts à Arbonne-la-Forêt et dans le secteur de la Faisanderie ont reconnu les faits. D’après les éléments communiqués par la procureure de Fontainebleau, Diane Ngomsik, l’un est un pompier volontaire qui a avoué avoir « mis le feu à des brindilles avec un briquet et de l’essence », l’autre a admis avoir « accidentellement mis le feu en jetant sa cigarette ». Par ailleurs, deux autres personnes ont été placées en garde à vue mardi matin dans le cadre de l’enquête sur l’incendie démarré dimanche autour de l’A6, qui a entraîné la fermeture d’un tronçon de l’autoroute et ravagé environ 1 600 hectares en quarante-huit heures. Sur ce volet, l’hypothèse d’un départ de feu lié à des travaux à proximité immédiate de l’A6 fait l’objet de vérifications approfondies, et le parquet indique explorer toutes les hypothèses, accidentelles comme volontaires. Deux autres personnes ont vu leur garde à vue levée mardi après-midi faute d’éléments suffisants à ce stade.
Ce que ça change concrètement pour les Franciliens : logement, sorties fraîches, zones à éviter
Dans votre logement : la pétition et l’appel du DAL mettent en lumière un angle très concret pour les locataires franciliens, souvent en habitat collectif et parfois dans des logements anciens ou exposés. Le sujet dépasse la simple gêne : lorsque l’intérieur devient « invivable », la question des aménagements (volets, stores, ventilation) et de leur financement revient au cœur du débat. Attention toutefois : l’appel à suspendre un prélèvement automatique est présenté comme limité à un mois, avec un risque de procédure en cas de prolongation.
Pour se rafraîchir : l’ouverture de la baignade à Pantin (port de Pantin, 3 place Cécile Brunschvicg) ajoute une option immédiate en petite couronne, utile si vous cherchez une solution accessible sans traverser tout Paris ou changer de département. L’existence de plusieurs sites cités en Seine-Saint-Denis, à Paris et dans le Val-de-Marne permet d’anticiper selon votre secteur.
En déplacement et en plein air : du côté de Fontainebleau, des zones ont été rendues interdites d’accès pendant l’épisode de feux. Si vous aviez prévu une randonnée, un pique-nique ou une sortie en forêt, il faut vérifier l’accessibilité des secteurs avant de partir et respecter les fermetures : l’enquête montre que des accès sont matérialisés (ruban) et que la présence sur des parkings interdits peut entraîner une intervention des forces de l’ordre.
Sources
- France 3 Paris Île-de-France — "Pas de volets, pas de loyers" : une pétition pour demander des logements adaptés à la canicule
- Citoyens.com — Canicule : ouverture d’une baignade dans le canal de l’Ourcq à Pantin
- franceinfo — Un homme de 46 ans interpellé mardi soir près de la forêt de Fontainebleau pour tentative de destruction par incendie
- 20 Minutes — Seine-et-Marne : Un homme arrêté après une tentative d’incendie près de la forêt de Fontainebleau
Synthèse réalisée par la rédaction Buenodia à partir des sources citées ci-dessus.