
Le 4 juin 2026, un agent de l’Office national des forêts (ONF) de l’Aude a été mis en examen pour "destruction involontaire ayant entraîné la mort". Les juges le soupçonnent d’avoir provoqué, début août 2025, le gigantesque incendie des Corbières qui a embrasé la région pendant plusieurs jours.
Le feu a consumé plus de 11 000 hectares, détruit une soixantaine de maisons et tué une habitante d’une soixantaine d’années à Saint-Laurent-de-la-Cabrerisse, prise au piège dans sa maison. La violence des flammes, attisée par le vent, avait très vite rendu la situation incontrôlable, transformant un départ de feu local en mégafeu.
L’homme, dans la quarantaine, a été placé en garde à vue mardi matin par la section de recherches de Montpellier. Il conteste formellement les faits : selon lui, il n’a pas jeté de mégot le 4 août 2025 dans le massif forestier et ne reconnaît pas être à l’origine du sinistre. Les enquêteurs, eux, ont rassemblé suffisamment d’éléments pour retenir la qualification pénale la plus lourde liée à un départ de feu ayant causé la mort.
Sur le plan judiciaire, la procédure a connu des rebonds. Le parquet de Montpellier avait requis un placement sous contrôle judiciaire, mais le juge d’instruction a demandé son incarcération, invoquant le risque de représailles contre l’intéressé et le danger d’éventuelles concertations avec des tiers. Finalement, c’est le juge des libertés et de la détention (JLD) qui a tranché en fin de journée : l’agent a été remis en liberté sous diverses contraintes, dont l’interdiction de paraître dans les communes touchées par l’incendie.
Jeudi matin, deux autres agents de l’ONF, également placés en garde à vue mardi par la même section de recherches, ont été remis en liberté sans qu’aucune charge ne soit retenue contre eux. L’enquête se poursuit, entre expertises techniques des départs de feu et auditions destinées à reconstituer les dernières heures avant le sinistre.
Plusieurs questions restent en suspens : comment un geste — supposé ou avéré — a-t-il pu se transformer en un incendie d’une telle ampleur ? Qui d’autre, le cas échéant, pourrait être impliqué ? Et quelles responsabilités institutionnelles seront établies après l’enquête ?
Le feu des Corbières a ravagé plus de 11 000 hectares et causé la mort d’une sexagénaire à Saint-Laurent-de-la-Cabrerisse. L’agent mis en examen nie avoir allumé l’incendie et a été finalement remis en liberté avec interdiction de retourner dans les villages sinistrés.