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Aurore Bergé convoque les présidents de groupe sur l’antisémitisme

Aurore Bergé s’exprime au micro devant des journalistes, à l’Assemblée nationale, à Paris.

Bergé reprend l'initiative après le retrait Yadan

Aurore Bergé reprend la main. Après le retrait de la proposition dite Yadan, la ministre déléguée chargée de la lutte contre les discriminations a annoncé vendredi 17 avril qu’elle porterait un nouveau projet de loi visant «à lutter contre les formes contemporaines de l’antisémitisme». Plutôt que de laisser le débat s’enliser, elle veut aller vite et en ordre de marche.

Convocation du 28 avril et invitation au travail collectif

Le 28 avril, la ministre réunira au ministère l’ensemble des présidents de groupes parlementaires représentés à l’Assemblée nationale et au Sénat, ainsi que les présidents des commissions des lois. Elle a demandé à chacun de venir «avec des propositions utiles, concrètes, opérationnelles», insistant pour que «nous soyons collectivement à la hauteur». «Tous les groupes seront les bienvenus s’ils souhaitent agir avec clarté contre l’antisémitisme», a-t-elle ajouté, ouvrant la porte à un travail consensuel — mais exigeant.

La tonalité est volontairement pratique. «Je porterai un projet de loi pour lutter contre les formes contemporaines de l’antisémitisme. Pour cela, nous allons travailler vite et nous allons travailler avec méthode», a déclaré Mme Bergé en conférence de presse. Elle veut éviter les surenchères et transformer le sentiment d’urgence en textes et en mesures opérationnelles plutôt qu’en déclarations symboliques.

Calendrier serré, consultation et enjeux politiques

La ministre fixe un calendrier serré: avant la suspension des travaux parlementaires, elle présentera le texte en conseil des ministres, après avis du Conseil d’État. Cette échéance traduit la volonté de boucler le chantier avant l’été, quitte à accélérer les consultations internes.

La réunion du 28 avril servira à rassembler idées et compromis avant la rédaction finale. La présentation en conseil des ministres interviendra avant l’été, après avis du Conseil d’État.

Reste la partie politique: trouver un équilibre entre fermeté et garanties juridiques, éviter les atteintes aux libertés publiques et obtenir l’adhésion des groupes parlementaires. En sommant les présidents de groupes de venir «avec des propositions», Mme Bergé mise sur la responsabilisation collective plutôt que sur un texte imposé du sommet. Le pari est simple: transformer un débat houleux en texte applicable, ou risquer un nouvel échec politique.

Publié le : 17 avril 2026
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