Des maires obligés de fermer les écoles face à la canicule
La canicule force déjà les maires à sortir le grand jeu. Le 22 juin 2026, plusieurs communes d'Île‑de‑France ont annoncé la fermeture de leurs écoles pour protéger les enfants des températures qui frôlent 40 °C. À Alfortville, le maire PS Luc Carvounas préfère ne pas prendre de risque : il annonce la fermeture des établissements « ce lundi 22 juin et les jours prochains, si la canicule frappe toujours la région ».
Alfortville : mesures passées et projet de climatisation
Alfortville n'en est pas à son coup d'essai : après 2017 la ville a créé dans chaque école et crèche une pièce rafraîchie, posé des films anti‑UV aux fenêtres puis installé, depuis l'été dernier, des ventilateurs au plafond dans toutes les classes — sauf dans celles en travaux.
Le maire juge toutefois ces mesures insuffisantes et annonce qu'il étudie la faisabilité et le coût de la climatisation de 350 salles de classe. « Accueillir les enfants dans des classes où le thermomètre atteint des seuils insupportables n'est tout simplement plus possible », écrit‑il aux parents.
Réorganisations et fermetures dans plusieurs communes d'Île‑de‑France
La réaction est devenue quasi générale. Montesson (Yvelines) a réorganisé les cours pour permettre une sortie échelonnée dès jeudi « conformément aux directives ministérielles ». À Crosne (Essonne), le lieu d'accueil enfants‑parents Méli‑Méli restera exceptionnellement fermé le lundi 22 juin et le maire Michaël Damiati annonce la fermeture de toutes les écoles ce jour‑là.
Provins (Seine‑et‑Marne) prévoit de fermer onze écoles vendredi et lundi. Plus loin, Senlis (Oise) fermera lundi et mardi après‑midi, la cantine restant ouverte mais avec un départ général à 13 h 30.
Des maires critiquent l'inaction de l'État et improvisent
Les maires pointent aussi du doigt l'État. Luc Carvounas critique « l'absence de mesures adaptées de la part de l'Éducation nationale », lui reprochant de ne pas organiser d'aménagements d'horaires cohérents ni d'assurer une continuité pédagogique satisfaisante.
Sur le terrain, certains élus ont dû improviser : brumisateurs, ventilateurs supplémentaires, fermetures ponctuelles.
Réactions des parents et enseignants
Parents et enseignants accueillent ces fermetures avec pragmatisme mêlé d'inquiétude. Sandrine, mère d'un élève de CP à l'école Octobre d'Alfortville, trouve la décision « raisonnable » — difficile d'apprendre quand il fait 38 °C en classe — mais redoute l'organisation si la fermeture se prolonge.
« On nous demande d'éviter d'emmener les enfants à l'école, on fait comment pour bosser ? », résume un père de Juvisy.
La canicule met en lumière un choix politique et financier : investir massivement pour climatiser les écoles ou accepter des ruptures temporaires de scolarité lors des pics de chaleur. « On va vivre ça tous les ans », prédit Luc Carvounas — une phrase qui résonne comme un défi lancé aux collectivités et à l'Éducation nationale.
