Un mandat serré pour Christine Fréchette
Christine Fréchette hérite d’un calendrier serré. Nouvelle première ministre, elle dispose de quelques mois à peine pour lancer des chantiers visibles et tenir la promesse faite mercredi : placer la région de Québec « au top de ses priorités ». Les attentes sont énormes, parce que la région se sent délaissée depuis 2018 et parce que les dossiers en souffrance sont concrets et coûteux.
Congestion routière: interventions rapides et projets déjà sur la table
La congestion routière est la plaie la plus pressante. Mme Fréchette a promis d’amorcer dans les prochaines semaines des « solutions rapides » et de poursuivre le réaménagement de la tête des ponts nord, côté Québec — un projet déjà campé dans les priorités de la CAQ en 2018.
Elle s’est aussi engagée à remplacer et à abaisser le tablier du pont de Québec pour permettre le passage d’un véhicule lourd entre les rives, et à construire un pont à étagement à l’intersection de l’autoroute Robert‑Bourassa et du boulevard Lebourgneuf, un dossier reporté l’an dernier après l’abandon de l’élargissement du boulevard. On prévoit aussi l’élargissement de l’autoroute 20 à Lévis, malgré les études qui montrent que multiplier les voies ne règle pas la congestion à moyen et long terme — mais le politique préfère souvent faire comme si cet argument n’existait pas.
Le tramway: test financier et enjeu de prévisibilité
Le tramway est le deuxième grand test. Les coûts ont augmenté et la part fédérale n’est pas bouclée : Mme Fréchette devra faire pression sur Ottawa pour sécuriser le financement et débloquer la suite du projet. Le transport structurant réduit la pollution, soulage les routes et stimule l’aménagement le long du tracé ; prolonger le tramway vers D’Estimauville pour une deuxième phase serait à la fois audacieux et rassurant pour les élus municipaux qui réclament de la prévisibilité.
Quais centenaires et plan de modernisation du port
Plus de la moitié des enjeux tiennent aux infrastructures portuaires, qui donnent l’alerte. La PDG du port, Olga Farman, a lancé à la fin de 2025 un plan de modernisation des quais de 1,7 milliard sur dix ans. Plus du tiers des infrastructures du port de Québec sont centenaires. Une section du quai 25 s’est effondrée en tout début d’année 2026.
La première phase du plan de modernisation vaut 680 millions et vise la reconstruction des quais du Foulon, de Beauport et de l’Estuaire. Trois ans plus tôt, le port avait pourtant demandé au gouvernement fédéral de stabiliser certaines infrastructures : la demande est restée sans réponse, et le récent effondrement en est la conséquence la plus brutale. Fréchette devra donc non seulement promettre, mais convertir ces promesses en pressions efficaces sur Ottawa — et le temps presse.
En résumé : des engagements chiffrés, des urgences matérielles et une fenêtre d’action très courte. Christine Fréchette dit vouloir agir vite pour Québec ; elle aura besoin d’alliés fédéraux, d’un plan clair pour le transport collectif et d’un calendrier de travaux précis pour éviter que la région reparte pour huit ans de frustration.
