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Le ministre des Transports défend le péage au Québec

Le ministre des Transports s’exprime au micro lors d’un point de presse, avec panneaux de péage en arrière-plan

Péages : une solution impopulaire assumée

Le gouvernement québécois se tourne vers une solution impopulaire pour un problème désormais chronique : les péages. Le ministre des Transports, Jonatan Julien, a dit considérer le péage comme « la bonne avenue » pour combler le manque à gagner lié à l’entretien et à l’agrandissement du réseau routier. En clair : l’argent public ne suffit plus.

Un réseau routier en détérioration et un déficit massif

Le déficit d’entretien des routes s’élève actuellement à plus de 24 milliards de dollars. Le gouvernement est responsable de 30 000 km de routes.

Malgré l’effort budgétaire — l’État consacre 85 % de l’enveloppe routière du Programme québécois d’infrastructures au maintien d’actifs — une grande part du réseau se dégrade : 56 % des routes sont jugées en bon état, 13 % en mauvais état et 31 % en très mauvais état. Ces chiffres expliquent pourquoi l’idée des péages revient au centre du débat.

Prises de position politiques et réactions

Lors de sa première conférence de presse à titre de première ministre désignée, Christine Fréchette s’était dite ouverte au retour des péages, et les derniers reportages sur l’état des routes ont poussé la question sur le devant de la scène. Le ministre Julien, en marge de la prestation de serment de Mme Fréchette, a validé ce scénario : pour les nouvelles routes et les élargissements, « l’avenue du péage est la bonne avenue », a-t-il déclaré. Sa logique est simple : faire payer l’usage direct d’une infrastructure plutôt que réorienter des sommes déjà insuffisantes du budget d’entretien.

Le raisonnement est séduisant pour qui jauge les coûts d’investissement et d’exploitation ; il heurte les usagers. Sanctionner l’automobiliste par une taxe à l’utilisation risque d’être perçu comme une augmentation déguisée des frais de transport, surtout pour les régions desservies par peu d’alternatives. Politiquement, le dossier est explosif : le retour des péages impose un choix entre préserver l’état du réseau et accepter de nouvelles barrières tarifaires sur la mobilité.

Options pratiques et enjeux budgétaires

Reste la question pratique : quels axes, quels tarifs, quels modèles (péage électronique, péage pour les nouveaux tronçons seulement, partenariats public-privé) pourraient être adoptés ? Le gouvernement n’a pas livré de feuille de route détaillée. Ce qui est clair, c’est que la Coalition avenir Québec a vu le déficit augmenter depuis son arrivée au pouvoir en 2018, et que l’alternative aux péages — augmenter sensiblement les transferts ou réduire les dépenses — est politiquement et fiscalement coûteuse.

La discussion qui s’engage va mêler techniques d’ingénierie financière, justice territoriale et calcul électoral. Pour l’instant, le signal est donné : l’ère du « gratuit » pour certaines infrastructures publiques est réexaminée. Ceux qui empruntent les routes devront suivre de près les prochaines décisions.

Publié le : 16 avril 2026
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