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Christine Fréchette promet une fin de mandat chargée

Christine Fréchette en conférence de presse, debout devant des micros, avec un drapeau du Québec en arrière-plan

Christine Fréchette secoue le parlement dès son premier discours

Christine Fréchette ne vient pas pour polir l’existant : elle veut secouer le parlement. Nommée cheffe de la Coalition avenir Québec le mois dernier et devenue première ministre, elle a ouvert mardi la 3e session de la 43e législature au Salon rouge, prononçant son premier discours en tant que cheffe du gouvernement. « La pire chose qu’on pourrait faire dans le contexte actuel, c’est de se diviser », a-t-elle lancé, appelant à l’audace et au passage à l’action avant les élections prévues cet été.

Feuille de route claire et projet de Constitution au menu

Sa feuille de route tient en cinq mots : coût de la vie, économie, infrastructures, services et identité. Au menu législatif figure en bonne place la Constitution du Québec déposée par Simon Jolin‑Barrette — projet que Jolin‑Barrette a dit croire possible d’adopter si les conservateurs d’Éric Duhaime apportent leur appui. Christine Fréchette a aussi tendu la main à l’opposition pour accélérer l’adoption de plusieurs projets de loi, dont la révision de la carte électorale qui devait entrer en vigueur cet été.

Le français au cœur du mandat et des projets législatifs

Le français restera un axe central du mandat. Dès mercredi, le ministre de la Langue française, Jean‑François Roberge, déposera un projet de loi pour renouveler la disposition qui protège la « loi 96 ». Plus tard, il présentera un autre projet visant à appliquer la loi 101 à la formation professionnelle et à la formation aux adultes, une promesse de la course à la chefferie de la CAQ. Jean‑François Roberge sera ainsi un acteur particulièrement actif dans les prochaines semaines.

Mesures économiques, infrastructures et tensions avant la campagne

Sur le plan économique, la première ministre a annoncé des mesures concrètes : le ministre des Finances, Éric Girard, présentera un paquet destiné à remettre un maximum d’argent dans les poches des Québécois. Le gouvernement rouvre le Programme de l’expérience québécoise (PEQ) pour deux ans et promet une nouvelle stratégie gouvernementale des marchés publics, signe d’une tentative de répondre à la fois à la main‑d’œuvre et à la compétitivité.

Un appel d’intérêt sera lancé d’ici l’été pour construire un troisième lien à l’est. Le dossier des infrastructures revient donc au sommet des priorités, aux côtés d’un plan pour améliorer les services publics avant la campagne électorale.

Le contexte politique ne sera pas sans heurts : le Parti québécois a boycotté le discours de la lieutenante‑gouverneure Manon Jeannotte, qui a ouvert la session vêtue d’une robe rouge. Les tensions sur l’identité et la langue semblent loin d’être apaisées, alors que le gouvernement multiplie les initiatives pour marquer son territoire politique avant l’élection. Le temps presse : les cinq semaines de travaux parlementaires à venir serviront à cimenter ces engagements — ou à les contester.

Publié le : 6 mai 2026
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