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Un détenu chez lui affirme que la prison à la maison n’est pas une peine bonbon

Détenu assigné à domicile, bracelet électronique à la cheville, assis seul dans un salon sombre.

Rejet du terme « peines Netflix »

Ils appellent ça des « peines Netflix ». Lui, 37 ans, condamné l’an dernier, refuse ce label.

Dénommé par son avocat Me Julie Couture et installé chez lui au lieu d’aller derrière les barreaux, il tient à dire que la détention à domicile n’est pas un chèque en blanc. « À un moment, ta télé, tu en as une écœurantite aiguë de la regarder », lance-t-il en demandant l’anonymat pour protéger son entreprise.

Conséquences familiales et professionnelles

L’homme a été condamné l’an dernier à 18 mois de prison avec sursis pour avoir blessé sa fille alors qu’il conduisait en état d’ébriété. Il n’avait pas d’antécédents criminels. « Si j’allais derrière les barreaux, je perdais ma maison, mes enfants dont j’ai la garde, ma compagnie, tout ce que j’ai travaillé à construire pendant 20 ans », dit-il. Il assure être sobre depuis l’accident et qu’il a appris sa leçon.

Quotidien confiné et obligations

Il a d’abord dû demeurer chez lui 24 heures sur 24 pendant plusieurs mois, sauf pour se rendre au travail; une plage de quatre heures par semaine lui était accordée pour faire l’épicerie. Aujourd’hui, il n’est plus cloîtré en permanence, mais il doit respecter un couvre-feu strict de 22 h à 6 h et rester joignable en tout temps. Il a dû réinstaller une ligne téléphonique fixe et se réveille souvent la nuit pour vérifier s’il n’a pas manqué un appel des agents de surveillance.

Surveillance intense et conditions judiciaires

Il est surveillé plusieurs fois par semaine. Le moindre manquement peut le conduire en prison.

« Ce sont ces conditions sévères qui font en sorte que le sursis n’est pas clément ni bonbon », dit Me Julie Couture. Elle rappelle que la personne condamnée « doit aller travailler, faire ses travaux communautaires et participer à sa thérapie. Sinon, elle doit rester chez elle, c’est très contraignant. »

Témoignage, paradoxe et rappel des faits

Il veut surtout que le public comprenne l’enjeu humain. Éviter la prison ne signifie pas revenir à une vie normale : « Je travaille, je paie des impôts. Je suis un actif pour la société, j’ai la charge mentale du quotidien à la maison, mais je ne peux pas faire ce que je veux », confie-t-il. Son récit souligne un paradoxe : pour certains, la détention à domicile protège un foyer et une entreprise; pour d’autres, elle impose une punition lourde, constante et psychologiquement exigeante.

Il espère que son témoignage tempère la colère de ceux qui réclament des peines plus dures et remette en perspective l’idée que tout condamné à domicile mène une vie confortable. Il y a, dit-il, une différence nette entre être libre et être légalement surveillé jour après jour.

Il a été condamné l’an dernier à 18 mois de prison avec sursis. Il doit respecter un couvre-feu de 22 h à 6 h et répondre aux contrôles plusieurs fois par semaine.

Publié le : 3 mai 2026
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