Actualités 8 septembre 2026

Chaleur dans les bus RATP, Rock en Seine sans cigarette, Dati à la Justice : ce qui change en Île-de-France

Chabe01 / Wikimedia Commons (CC BY-SA 4.0)

Entre fin juin et fin août, plusieurs décisions et annonces très concrètes touchent le quotidien en Île-de-France : l’inspection du travail met la RATP en demeure après des relevés de chaleur extrême dans un bus, Rock en Seine rappelle une interdiction de fumer imposée par un décret, et Rachida Dati enclenche son retour dans la magistrature à quelques jours de son procès à Paris. Point d’étape, avec ce que cela change pour les Franciliens.

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Bus trop chauds : l’inspection du travail met la RATP en demeure

Le signal le plus alarmant concerne la température à bord de certains bus. Lors d’un contrôle mené le 26 juin vers 16 heures dans le bus 5607 de la ligne 180 (trajet Villejuif – Louis Aragon > Charenton – Écoles), l’inspection du travail a relevé une situation de chaleur jugée à risque : plus de 38°C « au milieu du véhicule », encore davantage dans la cabine conducteur, avec près de 42°C mesurés sur la surface du volant et un air de ventilation relevé à 38°C.

À la suite de ces observations, l’inspection du travail a adressé un courrier de mise en demeure (« Ambiance thermique (chaleur) ») demandant à la RATP d’“élaborer et de formaliser un plan d’action” pour réduire les risques liés aux fortes chaleurs.

Le sujet dépasse la seule rame contrôlée. D’après le syndicat FO cité dans les sources, près de la moitié des bus d’Île-de-France ne disposeraient pas d’une climatisation efficace, notamment parce que des équipements seraient en panne et que la régie manquerait de mainteneurs pour les réparer. FO avance aussi un indicateur de santé au travail : sur la période du 17 au 24 juin, au centre Ivry Quai-de-Seine, huit des douze accidents du travail recensés concerneraient des malaises liés aux fortes chaleurs.

Repos au terminus et changement d’exploitant : un dossier qui bouge

Au-delà de la conduite, l’inspection du travail a également observé les conditions au terminus de Charenton – Écoles (Val-de-Marne), rattaché au centre Ivry Quai-de-Seine : la température de la salle de repos y a été signalée à plus de 38°C et cette valeur est mentionnée comme confirmée par l’instance dans la mise en demeure.

La situation se complique toutefois sur le plan administratif : la RATP indique qu’une réponse a été envoyée, mais précise aussi que depuis le 1er août, le site n’est plus exploité par la RATP et est passé à Keolis. Keolis ne commente pas la décision, tout en annonçant des mesures : réaménagement des espaces de repos, changement d’horaires de prises de postes, et distributions de brumisateurs et de bouteilles d’eau.

Dans les témoignages rapportés, des agents expriment toutefois un décalage entre les consignes et la réalité opérationnelle, notamment sur l’accès effectif à l’eau en service lors des épisodes de chaleur.

Rock en Seine : interdiction de fumer dans l’enceinte, par décret

Autre conséquence très visible pour les Franciliens : à Rock en Seine, festival organisé au parc de Saint-Cloud (Hauts-de-Seine) du mercredi 26 août au dimanche, les organisateurs ont rappelé qu’il est interdit de fumer dans l’enceinte du festival.

Cette interdiction ne relève pas d’un simple choix d’organisation : elle est indiquée comme appliquée “conformément au décret du 27 juin 2025”, un texte présenté dans les sources comme interdisant de fumer dans les parcs et jardins publics. Rock en Seine souligne ainsi qu’il applique la législation et le règlement du Domaine national de Saint-Cloud. Dans le contexte d’un été marqué par les incendies, les organisateurs mettent l’accent sur la sensibilisation et la nécessité de respecter la règle sur site.

Pour les festivaliers franciliens, l’enjeu est surtout pratique : anticiper l’absence de cigarette « dans l’enceinte » et s’attendre à des rappels à l’entrée et pendant l’événement.

Rachida Dati : retour à la magistrature, procès à Paris mi-septembre

À Paris, un autre dossier retient l’attention : Rachida Dati, 60 ans, battue aux municipales à Paris en mars et bientôt jugée, a demandé à réintégrer la magistrature. Elle doit être affectée au ministère de la Justice comme « premier substitut à l’administration centrale de la justice », dans un service de la Chancellerie, après la procédure prévue : avis du Conseil supérieur de la magistrature (CSM), que le garde des Sceaux est annoncé comme devant suivre.

Le calendrier est serré : Rachida Dati doit comparaître du 16 au 28 septembre devant le tribunal correctionnel de Paris pour corruption et trafic d’influence passifs. Il lui est reproché un pacte de corruption présumé et un lobbying illégal au Parlement européen pour le compte de Renault et de son patron d’alors, Carlos Ghosn (également renvoyé devant le tribunal, et indiqué comme étant en fuite au Liban). Entre 2009 et 2013, elle aurait perçu 900 000 euros au titre d’une convention de rémunération forfaitaire d’avocats. Elle conteste toute illégalité et affirme n’avoir effectué qu’un travail d’avocate légal. Les peines encourues mentionnées : dix ans d’emprisonnement et cinq ans d’inéligibilité.

Cette réintégration fait réagir au sein de la magistrature : le président de l’USM, Ludovic Friat, estime que le projet envoie « un message contradictoire » au regard des débats sur la déontologie et l’image de l’institution, compte tenu de l’imminence d’un procès pénal médiatique.

Ce que les Franciliens doivent retenir (et surveiller)

Pour les usagers de bus, l’épisode de la ligne 180 met en lumière un risque concret en période de chaleur : au-delà de l’inconfort, la question de la sécurité (malaises, fatigue, conditions de conduite) devient centrale. La mise en demeure impose un cadre, mais le changement d’exploitant au 1er août oblige à suivre qui met en œuvre les mesures et à quel rythme.

Pour les festivaliers, l’information clé est simple : à Rock en Seine, l’interdiction de fumer dans l’enceinte s’inscrit dans une application stricte d’un décret, avec une communication renforcée cet été. Mieux vaut intégrer cette contrainte avant de se rendre au parc de Saint-Cloud.

Pour les Parisiens qui suivent la vie politique et judiciaire, la séquence autour de Rachida Dati se joue sur deux rails : sa nomination à la Chancellerie (soumise à l’avis du CSM) et son procès au tribunal correctionnel de Paris du 16 au 28 septembre. Deux calendriers qui se chevauchent et qui nourrissent déjà un débat sur la perception de l’institution judiciaire.

Sources

Synthèse réalisée par la rédaction Buenodia à partir des sources citées ci-dessus.