Accusations sans détour à Washington
Howard Lutnick n’y est pas allé par quatre chemins. Au sommet Semafor sur l’économie mondiale à Washington, D.C., le secrétaire américain au Commerce a décrit vendredi la stratégie commerciale du Canada comme « la pire stratégie » et lâché, sans élégance : « Ils sont nuls. » Il réagissait à un article citant l’ancien négociateur en chef canadien Steve Verheul, qui soutenait que le temps joue en faveur du Canada dans les pourparlers commerciaux.
Critiques ciblées sur Mark Carney et la stratégie chinoise
Lutnick a enchaîné en ciblant directement le premier ministre Mark Carney. « Il a un problème » avec les États‑Unis, a‑t‑il dit, ironisant sur les démarches de Carney en Chine : « Il prend l’avion et se rend en Chine. Pense‑t‑il que la Chine va acheter ses produits ? La Chine est une économie entièrement axée sur les exportations. » Puis il a cité la promesse entendue de « prendre leurs voitures électriques », avant de lancer : « Est‑ce que c’est complètement fou ? »
Pression sur l’ACEUM et la date du 1er juillet
Le contexte diplomatique rend les piques plus que des saillies verbales : les négociations sur l’ACEUM sont dans une phase critique. Le représentant américain au Commerce, Jamieson Greer, a prévenu au début du mois qu’il ne s’attendait pas à une conclusion avant le 1er juillet — date butoir pour que les États‑Unis notifient au Canada et au Mexique leurs intentions concernant l’ACEUM. Le 1er juillet est la date limite pour que les États‑Unis notifient au Canada et au Mexique leurs intentions concernant l’ACEUM. L’ACEUM désigne l’Accord Canada–États‑Unis–Mexique.
Réponse d’Ottawa et posture diplomatique
À Ottawa, on a préféré calmer le jeu sans renier les intérêts nationaux. Devant le comité du commerce international de la Chambre des communes, Dominic LeBlanc, ministre responsable des relations commerciales Canada–États‑Unis, a assuré que « ça avance ». Il a souligné que les discussions se mènent aussi avec le Mexique et affirmé que le gouvernement est prêt à signer rapidement un accord qui servirait « les intérêts de l’économie canadienne ». « Je pense que nous avons beaucoup de choses dont le gouvernement et l’économie américaine ont besoin. C’est pourquoi je demeure optimiste qu’on va y arriver », a‑t‑il ajouté.
La tonalité des échanges illustre l’équilibre délicat entre posture publique et pressions politiques. D’un côté, Lutnick a frappé fort. De l’autre, Ottawa promet de finaliser un accord utile pour son économie, tout en gardant des interlocuteurs indispensables à portée de main. Reste que la date du 1er juillet plane : elle oblige les parties à se positionner, ou à expliquer pourquoi elles ne peuvent pas le faire.
