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Des militantes accusent Édouard Baer et Atmen Kelif sur des affiches à Paris

Affiches à Paris accusant Édouard Baer et Atmen Kelif, collées sur un mur de rue, passants flous.

Interpellation devant le Théâtre du Gymnase lors de la première

Le 17 juin 2026, des militantes de Nous Toutes Paris Nord ont collé des affiches portant les visages d’Édouard Baer et d’Atmen Kelif, assorties du mot « agresseur », sur la façade du Théâtre du Gymnase Marie Bell, au moment de la première de Cyrano. L’action, revendiquée pour « maintenir la pression » sur le milieu culturel, a visé les deux comédiens présents à l’affiche.

Accusations de 2024 et antécédents évoqués

En 2024, six femmes ont accusé Édouard Baer de harcèlement et d’agression sexuelles dans une enquête de Mediapart et du magazine Cheek ; l’acteur avait présenté des excuses suite à ces révélations. À l’époque, un spectacle prévu au Théâtre Antoine avait été annulé. Quant à Atmen Kelif, le collectif assure être en lien avec une femme qui a porté plainte pour viol — plainte classée sans suite pour prescription — et rappelle que l’acteur a déjà été condamné par le passé pour des faits de violences conjugales.

Mobilisations répétées et message des militantes

La tension entre justice médiatique et actions militantes éclate en pleine représentation. « Tant qu’il y aura des agresseurs qui se produisent sur scène, nous, on sera là pour défendre les victimes », dit le collectif, qui dénonce une « complicité active » dans l’industrie culturelle. Les militantes ont déjà mené des opérations similaires récemment, notamment devant le Théâtre Édouard‑VII et le Cirque d’Hiver pour contester la présence de Patrick Bruel, visé par des accusations multiples.

Réponses des producteurs et dilemme de responsabilité

Propriétaire de plusieurs salles, Jean‑Marc Dumontet a tenté d’éteindre l’incendie sur un registre pragmatique. Il explique qu’il avait jugé justifiée l’annulation du spectacle d’Édouard Baer en 2024 — « ce n’était pas le moment de jouer » — mais qu’aujourd’hui « deux ans après, il n’y a aucune plainte qui a été révélée suite à cet article, et aucun nouveau fait ». Pour lui, l’absence d’action judiciaire permet à Baer de remonter sur scène. Dumontet assure par ailleurs se sentir « particulièrement sensible » à la cause féministe, citant son soutien passé à des spectacles comme Les Chatouilles et à un festival Paroles citoyennes.

La dispute n’est pas qu’une querelle locale : elle met en lumière un dilemme plus vaste. D’un côté, des collectifs réclament que la scène ne serve pas de refuge aux personnes mises en cause. De l’autre, des producteurs invoquent la présomption d’innocence et l’absence de décisions judiciaires récentes pour justifier une programmation. Entre ces deux positions, la culture devient un terrain de confrontation où la vindicte publique et le droit se heurtent.

La première de Cyrano a finalement été maintenue, mais la polémique s’installe. Les affiches collées sur le théâtre et les déclarations des militantes rappellent que la question de la responsabilité des lieux et des producteurs reste largement ouverte.

Publié le : 17 juin 2026
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