Mort d’Édouard Balladur à 97 ans : du 15e « fief » politique à son appartement du 16e, une figure parisienne s’éteint
Édouard Balladur est mort lundi 31 août 2026 à Paris, à l’âge de 97 ans. Ancien Premier ministre durant la deuxième cohabitation, candidat à l’élection présidentielle de 1995, il a aussi marqué durablement la vie politique parisienne : d’un côté, le 15e arrondissement, où il s’est construit un solide ancrage électoral ; de l’autre, une adresse du 16e où il vivait depuis les années 1970 et où continuait, dit-on, à recevoir responsables et visiteurs.

Une disparition à Paris, une figure nationale de la Ve République
La famille d’Édouard Balladur a annoncé sa mort lundi 31 août 2026 à Paris, à 97 ans. Son nom reste attaché à Matignon, où il a dirigé le gouvernement du 29 mars 1993 à mai 1995, durant la deuxième cohabitation avec François Mitterrand.
Il restera également comme l’un des principaux protagonistes de la présidentielle de 1995. Longtemps présenté comme un possible favori, il est finalement éliminé au premier tour, recueillant 18,58 % des suffrages exprimés. Cette séquence nationale s’est ensuite jouée aussi, très concrètement, dans ses terres parisiennes, où il a cherché à consolider sa base après l’échec.
Le 15e arrondissement, un ancrage politique au long cours
À Paris, Édouard Balladur s’implante politiquement dans les années 1980. Il est élu député de la capitale une première fois en 1986, sous l’étiquette du RPR. Après avoir été ministre de l’Économie, des Finances et de la Privatisation entre 1986 et 1988, il retrouve les bancs de l’Assemblée nationale.
Son point d’attache parisien devient alors très identifiable : en 1988, il est élu dans la 12e circonscription de Paris, située dans le 15e arrondissement. Il y est réélu en 1993, avant de quitter rapidement son siège lorsqu’il est nommé Premier ministre, le 29 mars 1993.
En parallèle, son implantation ne se limite pas au Palais-Bourbon : en 1989, il devient aussi conseiller de Paris dans le 15e, renforçant son ancrage local. Après la présidentielle de 1995, il s’y réinstalle politiquement. Un épisode symbolise ce retour : en juin 1995, il organise sa rentrée politique à l’hôtel Nikko, où environ 900 personnes se pressent pour l’accueillir (un événement relaté à l’époque par Le Monde, qui qualifiait déjà le 15e de « fief »).
Le paradoxe, souvent rappelé, tient au fait qu’au premier tour de la présidentielle, dans son propre arrondissement, Édouard Balladur n’arrive alors qu’en troisième position, derrière Jacques Chirac et Lionel Jospin. Il se remet donc en campagne sur le terrain — marchés, commerces, rencontres — et parvient à regagner son siège : le 24 septembre 1995, il est réélu député de la 12e circonscription lors d’une élection partielle.
Une autre adresse parisienne : boulevard Delessert, dans le 16e
À côté du 15e politique, un autre lieu revient au moment de sa disparition : l’appartement où il vivait depuis plus de cinquante ans dans le 16e arrondissement, boulevard Delessert, près du Trocadéro. Il s’agit d’un logement situé au quatrième étage d’un immeuble en pierre de taille construit en 1915, au 19 bis boulevard Delessert.
Cette adresse, achetée dans les années 1970, est décrite comme étant restée très « politique », avec des passages réguliers de responsables venus le consulter. Les conditions d’acquisition de l’appartement ont été rendues publiques plus de vingt ans après l’achat, pendant la campagne de 1995 : l’appartement est acquis par les époux Balladur le 28 novembre 1972 pour 800 000 francs. Le financement mentionné à l’époque fait état d’un prêt de 300 000 francs et d’un apport personnel de 500 000 francs, provenant « pour l’essentiel » de la vente d’un précédent appartement situé rue de Civry, déjà dans le 16e (acheté en 1960 pour 120 000 francs, dont 60 000 francs financés par emprunt, puis revendu en 1972).
Des récits publiés après son décès décrivent aussi un intérieur resté marqué par les années 1970 (velours rouge, tentures, moulures, meubles imposants, moquettes et tapis colorés), signe d’une vie parisienne installée dans la durée.
Ce que ça change pour les Franciliens : repères, lieux et mémoire politique locale
Pour les habitants de Paris et d’Île-de-France, la disparition d’un ancien chef de gouvernement n’a pas d’impact direct sur les transports ou les services publics au quotidien. En revanche, elle remet en lumière une géographie politique très parisienne : un élu national durablement lié au 15e arrondissement — circonscription, mandat de conseiller de Paris, réseaux locaux — tout en vivant dans le 16e, près du Trocadéro.
Cette double présence rappelle aussi combien certains arrondissements ont été structurants dans l’histoire politique contemporaine de la capitale. Pour les riverains du 15e, les références à l’hôtel Nikko et à la 12e circonscription renvoient à des décennies de vie locale, de campagnes et de permanences. Pour les habitants du 16e, le boulevard Delessert évoque une adresse restée, pendant un demi-siècle, un point de passage discret pour une partie de la classe politique.
Repères chronologiques
2 mai 1929 : naissance à Smyrne (aujourd’hui Izmir, Turquie).
1986 : élu député de Paris (RPR) ; ministre de l’Économie, des Finances et de la Privatisation (1986-1988).
1988 : élu député dans la 12e circonscription de Paris (15e).
1989 : élu conseiller de Paris dans le 15e.
29 mars 1993 – mai 1995 : Premier ministre.
1995 : présidentielle (18,58 % au 1er tour) ; rentrée politique à l’hôtel Nikko (juin) ; réélu député le 24 septembre lors d’une partielle.
31 août 2026 : mort à Paris, à 97 ans.
Sources
- France 3 Paris Île-de-France — Forêts ouvertes, carte interactive : où trouver de la fraîcheur face aux fortes chaleurs en en Île-de-France ?
- actu.fr (Île-de-France / Paris) — Édouard Balladur est mort : l'ancien Premier ministre avait fait du 15e arrondissement de Paris son fief
- actu.fr (Île-de-France) — Mort d'Edouard Balladur : il vivait depuis plus de 50 ans dans cet appartement du 16e arrondissement
- ICI — samedi 25 juillet Quinté à Enghein à 15h15 Sélection Hervé Fortin
- ICI — ICI Azur vous fait gagner vos places pour la soirée du samedi 25 juillet au Nice Jazz Fest !
Synthèse réalisée par la rédaction Buenodia à partir des sources citées ci-dessus.