
Christine Fréchette n’a pas joué les modérées lors de sa première période de questions à l’Assemblée nationale depuis sa nomination comme première ministre. Elle est montée au front, droite dans ses bottes, déterminée à imposer le rythme — et à marquer des points dès l’entrée en scène.
Lors de cet affrontement, elle a concentré ses tirs sur le Parti québécois. Mais c’est une attaque très ciblée qui a retenu l’attention : Mme Fréchette a reproché au chef du troisième groupe de l’opposition de ne pas s’être levé lors de la présentation du projet de loi sur les féminicides, « la loi Gabie Renaud ». L’accusation, lancée frontalement, a visé le respect dû à la mémoire des victimes et au sérieux de la démarche législative.
Christine Fréchette a participé à sa première période de questions à l’Assemblée nationale depuis sa nomination comme première ministre. Elle a accusé le chef du Parti québécois de ne pas s’être levé lors de la présentation du projet de loi sur les féminicides, la « loi Gabie Renaud ».
La salve a pris le chef du Parti québécois de court. Son air scandalisé — tel que l’a rapporté l’Assemblée — a montré que l’accusation touchait un point sensible. Pour autant, la manoeuvre de Mme Fréchette n’était pas seulement symbolique : en mettant en lumière ce geste ou son absence, elle cherchait à questionner la crédibilité opposante sur un dossier très chargé émotionnellement.
Ce face‑à‑face révèle deux choses simples. D’une part, la nouvelle première ministre ne craint pas d’attaquer sur les valeurs et la mémoire collective pour déstabiliser l’adversaire. D’autre part, les oppositions restent vigilantes : questionner la posture d’un chef, surtout autour d’un texte visant les féminicides, transforme une question politique en enjeu moral instantané.
Il n’y avait ni consensus ni apaisement à la sortie des échanges. Les mots lancés à l’Assemblée nationale ont amplifié un clivage déjà présent entre partis — un clivage qui risque d’alimenter les débats publics sur la forme autant que sur le fond du projet de loi. Si la « loi Gabie Renaud » doit avancer, elle le fera désormais sous un projecteur partisan très vif.