
Le tribunal correctionnel de Paris a relaxé mardi un animateur périscolaire poursuivi pour agressions sexuelles sur mineurs, estimant que les faits n’étaient pas suffisamment caractérisés. La décision survient alors que la capitale traverse une crise : depuis début 2026, 78 agents ont été suspendus dans les écoles de Paris, dont 31 pour des suspicions de violences sexuelles.
Le tribunal a reconnu « un comportement inapproprié » de la part de l’animateur, mais a jugé que « les éléments fournis par l’enquête n’ont pas permis de démontrer le caractère humiliant et dégradant des gestes reprochés ». Les magistrats ont considéré que l’agent « aurait dû faire l’objet de rappels à l’ordre » et d’« une formation », sans que ses actes soient « constitutifs d’une infraction pénale ». Ils ont aussi estimé que le tableau clinique présenté par certains enfants pouvait « également résulter de la médiatisation » de l’affaire.
La procédure avait été instruite à huis clos. Lors de l’audience du 5 mai, le procureur avait réclamé une peine de dix‑huit mois d’emprisonnement avec sursis. L’animateur, âgé de 47 ans et suspendu depuis octobre 2024, était placé sous contrôle judiciaire.
Selon l’accusation, l’homme surnommait certains enfants « la plus belle », « mon cœur » ou « mon trésor », racontait des histoires de viol, prenait une élève sur ses genoux et aurait touché la poitrine d’une autre. Il aurait aussi déclaré : « Je te ferais des bisous partout si je pouvais », d’après les récits transmis par des parents. Les juges ont estimé que ces éléments ne suffisaient pas à caractériser pénalement des actes humiliants ou dégradants.
Le dossier tombe au plus fort d’une crise de confiance dans le périscolaire parisien. « Le tribunal correctionnel de Paris a relaxé l'animateur, estimant que les faits n'étaient pas suffisamment caractérisés. » « Depuis début 2026, 78 agents ont été suspendus dans les écoles de la capitale, dont 31 pour des suspicions de violences sexuelles. »
Face à l’ampleur du scandale, l’ex‑premier adjoint d’Anne Hidalgo avait lancé à la mi‑avril un plan d’action de 20 millions d’euros pour le périscolaire, présenté comme une « priorité absolue ». Ce plan prévoit notamment la simplification de la chaîne de signalement, la création d’une cellule d’écoute dédiée, une promesse de « transparence totale » envers les familles et la professionnalisation d’un secteur précaire : la grande majorité des 14 000 animateurs parisiens sont vacataires.
Le nouveau maire de Paris, Emmanuel Grégoire (PS), a dénoncé un problème « systémique ». Pour les familles qui réclament des garanties, la relaxe ravive l’impératif : clarifier les responsabilités, renforcer la formation et protéger sans délai les enfants qui fréquentent les structures périscolaires.