BUENODIA

À Paris, la préfecture interdit la manif d’extrême droite du Comité du 9 Mai

Manifestants d’extrême droite du Comité du 9 Mai défilant à Paris, drapeaux et banderoles visibles

Interdiction annoncée par le préfet de police

Le défilé néofasciste prévu à Paris n’aura pas lieu. Le préfet de police, Patrice Faure, a annoncé mardi l’interdiction de la manifestation du Comité du 9 Mai prévue ce samedi, et a ajouté que « les rassemblements déclarés afin de protester » contre ce rassemblement étaient eux aussi interdits.

Il précise avoir agi « conformément aux orientations définies avec le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez ». Le préfet de police Patrice Faure a interdit la manifestation néofasciste du Comité du 9 Mai et la contre‑manifestation « Pas de nazis dans Paris ». L’an dernier, le défilé avait rassemblé 1 000 personnes, certaines arborant des croix celtiques et des symboles néonazis.

Tensions entre libertés publiques et prévention des violences

La décision tombe après une année de tensions entre libertés publiques et prévention des violences. La préfecture rappelle que, lors de l’édition précédente, plusieurs participants avaient volontairement dissimulé leur visage sans motif légitime et que des individus avaient été arrêtés pour avoir fait des saluts nazis.

Le risque d’affrontements avec des militants antifascistes, jugé élevé par les autorités, a pesé lourd dans le balance.

Itinéraire prévu et incidents récents

Le parcours prévu cette année allait de l’avenue de l’Observatoire, au niveau du RER Port‑Royal (Ve arrondissement), jusqu’à la rue des Chartreux (VIe). Les craintes ne sont pas théoriques : une « violente rixe » avait eu lieu lors d’une opération de collage menée par des membres du Comité, rue de la Butte‑aux‑Cailles (XIIIe), fin mars, selon la préfecture.

C’est ce type d’incidents, et la répétition de provocations symboliques, qui a conduit à privilégier l’ordre public.

Pourquoi la contre‑manifestation a été interdite aussi

La préfecture a aussi interdit la contre‑manifestation « Pas de nazis dans Paris », prévue au même moment et sur un parcours proche. Les autorités expliquent qu’empêcher les deux rassemblements évite de transformer la capitale en terrain d’affrontement entre groupes extrémistes et leurs opposants.

La mesure vise à couper court à toute confrontation directe, plutôt qu’à favoriser l’un des camps.

Recours possibles et état de prévention à Paris

Cette double interdiction relance le même dilemme juridique et politique observé l’an dernier : défendre la liberté de réunion tout en empêchant la banalisation ou la propagation d’idéologies violentes. La préfecture ne cache pas son objectif : empêcher que des manifestations haineuses deviennent des repères pour des actes publics d’intimidation et de violence, quitte à freiner les mobilisations de part et d’autre.

Reste à voir comment les collectifs concernés réagiront et si des recours administratifs ou judiciaires seront déposés, comme lors de l’édition précédente où le tribunal administratif avait suspendu l’interdiction initiale. Pour l’instant, Paris est placée en mode prévention maximale : ni le défilé du Comité du 9 Mai, ni la contre‑manifestation annoncée ne pourront légalement se tenir ce samedi.

Publié le : 6 mai 2026
link