
Le 5 mai, le député Charles Alloncle a rendu public un rapport de 400 pages qui veut secouer l’audiovisuel public. Après plusieurs mois d’auditions, sa commission d’enquête présente 80 propositions pour réduire, refondre et recadrer France Télévisions, Radio France et les autres services publics. L’objectif chiffré est clair : économiser 1 milliard d’euros chaque année sur un financement global d’environ 4 milliards, pour contribuer au désendettement de l’État et à la préservation du patrimoine culturel.
Le rapport propose une cure de simplification structurelle. Il recommande la fusion de France 2 et France 5 en une seule chaîne généraliste, la suppression définitive de France 4 et de la plateforme France TV Slash, ainsi que la fermeture de la station Mouv'. Il préconise aussi de rapprocher franceinfo et France 24 pour l’information internationale, et de fusionner les antennes régionales de France 3 avec le réseau local France Bleu.
Le rapport propose 80 mesures et vise 1 milliard d'euros d'économies sur un budget annuel d'environ 4 milliards. Il recommande la fusion de France 2 et France 5, la suppression de France 4 et de France TV Slash, et la fermeture de la station Mouv'.
Pour atteindre ces économies, les auteurs ne se contentent pas d’idées générales : ils ciblent des dépenses précises. On y trouve la réduction des budgets consacrés aux droits sportifs, la suppression des 53 véhicules de fonction attribués aux dirigeants de France Télévisions, et une coupe de 3 millions d’euros liée à la présence du groupe au Festival de Cannes. Le rapport appelle aussi à limiter les frais annexes et à optimiser les effectifs.
Au-delà des coupes, la commission veut redessiner la gouvernance et l’éthique du service public. Elle propose que la nomination des présidents des entreprises audiovisuelles revienne au président de la République, après avis de l’Arcom et des commissions parlementaires. Sur le plan éditorial, Charles Alloncle plaide pour un devoir de réserve renforcé : journalistes et animateurs devraient restreindre leurs prises de parole publiques et sur les réseaux sociaux afin de garantir « une neutralité absolue » des antennes.
Ces recommandations ouvrent un débat politique et culturel majeur. Pour les syndicats et certains professionnels, la suppression de chaînes et de stations menace la diversité des formats et des voix, en particulier locales et jeunesse. Pour les partisans de la réforme, la priorité est ailleurs : rendre durable un système lourdement subventionné.
Le rapport est exécutoire en tant que diagnostic et catalogue de propositions ; reste à voir lesquelles seront traduites en loi ou en décisions exécutives. Le document complet détaille les 80 propositions et les économies attendues.