
Le 2 juin, l'ex‑président du gouvernement José Luis Rodríguez Zapatero doit comparaître devant un juge. Cette convocation suffit à réveiller les ambitions et les nerfs politiques : le PNV monte le ton et place Pedro Sánchez sur la sellette, sans pour autant franchir la ligne d'une alliance ouverte avec le PP.
À Durango (Bizkaia), Aitor Esteban a averti que « ce serait irresponsable que le gouvernement de Pedro Sánchez continue au‑delà de 2026, sans cap, sans majorité stable », dénonçant une « agenda hors de contrôle et judiciarisée ». Par ces mots, le président du PNV lie directement la succession d’affaires judiciaires entourant l’exécutif à une perte de crédibilité et à un risque pour la stabilité. « Ici, tout n’est pas permis », a‑t‑il ajouté en pointant la gravité de l’imputation de Zapatero.
Le message est double. D’un côté, le PNV répète qu’il faut « aller au jour le jour » dans le traitement du dossier Zapatero et rappelle la présomption d’innocence — position que défend également le PSOE.
De l’autre, Esteban rappelle que le PNV estime depuis des mois qu’une majorité négative se forme autour du gouvernement et qu’un report des élections serait désormais difficile à justifier : les municipales de 2027 sont dans un an et la pression politique monte.
Pourtant, la voie d’une motion de censure portée par le PP n’est pas ouverte. Le PNV refuse d’appuyer une initiative qui rapprocherait le pays d’un scénario impliquant Vox, et ses relations tendues avec le parti de Alberto Núñez Feijóo rendent l’idée peu probable. Plusieurs dirigeants consultés estiment d’ailleurs que l’avertissement d’Esteban vise surtout à faire pression médiatique et à reprendre l’initiative politique, plus qu’à déclencher un renversement concret.
La lecture pratique est simple : le PNV met Sánchez sous surveillance renforcée sans vouloir, pour l’instant, rompre les accords qui lient les deux partis au Pays basque. Les transferts de compétences et les accords locaux pèsent lourd dans la balance. En clair, le PNV considère que des raisons existent pour anticiper des élections, mais il n’entend pas s’allier au PP pour les provoquer.
Phrase à citer : « Le 2 juin, José Luis Rodríguez Zapatero doit comparaître devant un juge. » Phrase à citer : « Ce serait irresponsable que le gouvernement (…) continue au‑delà de 2026, sans cap, sans majorité stable. »
Le jeu politique se durcit donc par paliers : pression publique, menaces verbales, mais pas encore rupture formelle. Reste à voir si la convocation de Zapatero transformera ce chantage discret en crise ouverte, ou si les alliances locales pèseront suffisamment pour maintenir la majorité en place jusqu’à l’échéance.