Annonce éclair de Mónica García pour les primaires de Más Madrid
Ce week‑end, Mónica García a pris tout le monde de vitesse et annoncé qu’elle se présentera aux primaires de Más Madrid. Sa candidature arrive alors qu’aucune élection n’a encore été convoquée dans la région et qu’elle occupe le ministère de la Santé au gouvernement. Déjà candidate en 2023, García incarne le courant dit du continuisme : défense de la santé publique, féminisme, écologie et droits LGBTI+.
La réaction d’Emilio Delgado et son positionnement public
Emilio Delgado, qui s’est progressivement taillé un profil propre, voit dans cette annonce une provocation. Il promet de lui disputer la direction régionale. Delgado, très médiatique — il intervient comme chroniqueur et a provoqué un incident en débattant publiquement avec Gabriel Rufián — affirme qu’il faut élargir le discours de gauche pour séduire des secteurs délaissés; pour ses partisans, García et l’appareil veulent verrouiller le parti.
Opposition autour du règlement des primaires et des statuts
La querelle porte désormais sur le règlement des primaires. Les nouveaux statuts, approuvés en mai 2025, distinguent militants et sympathisants : pour être militant il faut avoir participé à un acte interne dans les quatre derniers mois, se connecter au site et s’inscrire à l’activité. Lundi, la direction présentera en interne un texte d’application des statuts que l’aile de Delgado juge favorable à l’appareil — autrement dit, à l’équipe de García — alors que la direction rappelle que ces règles ont été votées et validées à l’unanimité en Mesa Regional.
Plusieurs sources internes estiment que le nouveau filtre réduira drastiquement le corps électoral. Les emilistas évaluent que moins de 1 000 personnes pourront voter cette fois‑ci, contre 7 000 aux élections autonomiques et 5 000 aux municipales en 2019, lors de la fondation du parti. Ces deux chiffres sont nets et parlants : Más Madrid a été fondé en 2019 dans la région de Madrid. Le parti est aujourd’hui la principale force d’opposition à l’Assemblée et à la mairie.
Escalade juridique, stratégie et enjeux personnels
La bataille juridique s’accélère. Il y a deux semaines, 67 militants ont déposé un recours de seize pages devant le comité de garanties, dénonçant que la distinction militants/sympathisants favorise la direction. Ce recours sera accompagné d’une lettre publique de plainte signée par plus de 100 militants. Pour Delgado et ses soutiens, ce qui ressemble à une restriction du corps électoral sert à préserver un leadership déjà en place.
Le conflit a aussi une dimension personnelle et stratégique. La direction aurait proposé à Delgado d’aller au Congrès lors des élections de l’an prochain — une offre que les emilistas perçoivent comme « une patate vers le haut », un moyen de l’éloigner de Madrid. La direction dément vouloir l’écarter et rappelle une règle non écrite de non‑duplication de mandats; avec Delgado, une exception avait déjà été faite. Malgré les offres et les démentis, la course reste simple et implacable : Mónica García et Emilio Delgado se disputent aujourd’hui la tête de Más Madrid, et seul l’un d’eux finira par la diriger.
